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dimanche 29 septembre 2013

Romitude




Un racisme ordinaire s’est infiltré dans notre société. Une des jeunes femmes à mes côtés me dit sur un ton las et résigné : « On a l’habitude. On nous traite souvent comme ça dans la rue. »
Sur un banc d’une rue du quatorzième arrondissement parisien, le matin, à l’heure de l’école vers laquelle de jeunes enfants accompagnés de leurs parents se dirigent. À mes côtés, deux couples et six enfants. Nous sommes l’objet de regards insistants, de haussements d’épaules. Les enfants qui viennent vers nous sont priés d’accélérer le pas. Un homme d’une quarantaine d’années s’arrête devant nous. Il s’adresse à moi : « Tant qu’il y aura des gens comme vous, Madame, on n’est pas prêts de s’en débarrasser. »
Je réagis avec fermeté en signifiant à ce passant que nous occupons l’espace public au même titre que lui. Il s’éloigne en maugréant. Ce « racisme ordinaire », relayé par une politique sécuritaire et discriminatoire et par certains médias, s’est infiltré dans la société civile.

samedi 27 avril 2013

On a bien dit "mariage pour tous"?




La "politique de l'immigration" de la France est accrochée au chiffre 30000. Chaque année, 30000 expulsions, 30000 régularisations, et 30000 mariages mixtes envers et contre tout. Trois formes de la souffrance infligée à nos voisins de palier. Si la régularisation répond à des années de galère organisée par une loi très restrictive, le mariage avec un-e étranger-e peut être pour le-la conjoint-e français-e le début d'un cauchemar administratif.
"Mariage mixte"? Wikipedia, reflet de son époque, y perd son latin: mariage transnational, interethnique, interreligieux? Avec le mariage pour tous, on nous annonce même des mariages pas mixtes, au sens intergenre. Pour le mot tout nu, mot sans qualificatif, il reste le mariage à l'ancienne, entre une femme et un homme, sous-entendu français. Si vous ajoutez "mixte", alors l'un des deux est étranger, l'autre français. Et la loi sur le séjour des étrangers s'ingénie à compliquer la vie de tels couples, allant même jusqu'à la pourrir dans certains cas.

dimanche 18 novembre 2012

Calais : des migrants harcelés par les policiers selon le Défenseur des droits



Pas de violences policières, mais des pratiques humiliantes, parfois illégales, qui s’apparentent à un véritable harcèlement policier des migrants transitant dans la région de Calais (Pas-de-Calais). Dans une décision datée du 12 novembre 2012, rendue publique ce vendredi, le Défenseur des droits Dominique Baudis demande « qu'il soit mis fin à ces pratiques et que la hiérarchie policière, qui ne peut les ignorer, y porte une attention particulière ». Les faits décrits se situent entre 2009 et 2011, mais « c'est aussi ce que nous aurions pu constater en 2012 », précise son adjointe chargée des questions de déontologie de la sécurité, Françoise Mothès.

Distribution de repas sur la zone portuaire, avril 2012.Distribution de repas sur la zone portuaire, avril 2012.© Rachida El Azzouzi

samedi 10 novembre 2012

L'étranger, gibier de police ou sujet de droit ?




Depuis toujours l'Etat s'octroie le droit de rudoyer les étrangers qu'il juge indésirables, en alléguant des impératifs d'ordre public. Mais un contre-courant, tourné vers l'avenir et vers l'universel, est aussi à l'oeuvre.
Le Conseil Constitutionnel fait en 2011 le constat suivant. "Aucune règle de valeur constitutionnelle n'assure aux étrangers des droits de caractère général et absolu d'accès et de séjour sur le territoire national. Les conditions de leur entrée et de leur séjour peuvent être restreintes par des mesures de police administrative conférant à l'autorité publique des pouvoirs étendus reposant sur des règles spécifiques. L'objectif de lutte contre l'immigration irrégulière participe de la sauvegarde de l'ordre public qui est une exigence de valeur constitutionnelle". En effet, dans la Constitution de la Vème République, l'étranger vivant en France n'apparait nulle part, sauf en matière de droit d'asile: "(...) les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif" (Art. 53-1).
N'ayant pas d'existence positive, l'étranger devient fatalement un gêneur susceptible de troubler l'ordre public, surtout s'il n'a pas réussi à obtenir un titre de séjour, et plus encore si on lui en a refusé le renouvellement. Situation aggravée depuis les années 70 du siècle passé, quand l'administration décida qu'il n'était plus nécessaire d'importer de travailleurs pour l'industrie française. Dès lors, la place de l'étranger ne peut être définie que par ses limitations, depuis le droit à l'entrée, au séjour, au travail, à la vie de famille, jusqu'à l'expulsion et l'interdiction de retour. L'application de ces restrictions relève du domaine des préfets et de la police. Lesquels trouvaient commode d'enfermer dans des prisons clandestines les étrangers en voie d'expulsion (l'entrepôt d'Arenc, sur le port de Marseille). En octobre 1981 sont institutionnalisés les Centres de Rétention Administrative (CRA) toujours contrôlés par la police et avec le même objectif de préparation de l'expulsion, mais en y introduisant une association d'aide juridique aux retenus - à l'époque, uniquement la Cimade.

mercredi 10 octobre 2012

Acrobaties doctrinales au Front national



Revendiqués par un jeune homme se réclamant d’Al-Qaida, les meurtres de Toulouse et Montauban, à la mi-mars, ont provoqué un recentrage du Front national sur ses sujets de prédilection : les problèmes que représentent à ses yeux l’immigration ou l’islam. Auparavant, la candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle, Mme Marine Le Pen, avait fait campagne sur une thématique sociale pour le moins nouvelle dans son parti.


« L’Esprit saint, pour la théologie libérale, c’est la main invisible, celle qui, d’une masse de comportements individuels égoïstes, va construire un bonheur collectif conforme à la Science et mieux encore à l’Ordre naturel. » Cette phrase blasphématoire, autant pour la sainte Trinité que pour la droite traditionaliste, est issue du dernier livre de Mme Marine Le Pen (1). Publié en pleine campagne présidentielle, l’ouvrage de la candidate du Front national (FN) surprend par sa phraséologie. Elle y pilonne l’« utralibéralisme », qui « n’est que l’idéologie d’une classe dominante internationale mondialisée », cette « nouvelle aristocratie » dont il conviendrait de se débarrasser au plus vite. Droite et gauche institutionnelles partageraient « une même idéologie mondialiste née du capitalisme ultralibéral, qui sert les intérêts d’une oligarchie ».

Mme Le Pen ne craint pas de mobiliser, à l’appui de son propos, des auteurs dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’ont rien de commun avec l’extrême droite. Philippe Askenazy est cité à deux reprises pour sonManifeste d’économistes atterrés (2). Deux ouvrages de Serge Halimi sont utilisés, l’un pour pointer l’envahissement mental du marché et l’autre pour dénoncer l’« aristocratie journalistique ».

« Le mondialisme est une alliance du consumérisme et du matérialisme, pour faire sortir l’Homme de l’Histoire et le précipiter dans ce que Gilles Lipovetsky nomme l’“ère du vide” », écrit encore la présidente du FN. D’Emmanuel Todd à Franklin Roosevelt, de George Orwell à Bertolt Brecht, de Karl Marx à Maurice Allais, elle fait feu de tout bois pour nourrir sa charge contre le « mondialisme ».

gens du voyage : suppression du “carnet de circulation”, mais maintien du “livret"

(photo : Fred Dufour/AFP)


Dans une décision du 5 octobre 2012, le Conseil constitutionnel a déclaré contraires à la Constitution les dispositions de la loi du 3 janvier 1969 instaurant un “carnet de circulation” ainsi que celles imposant aux personnes sans domicile ni résidence fixe, trois ans de rattachement ininterrompu dans la même commune pour être inscrites sur les listes électorales.

Il a, d’autre part, jugé que l’existence et les règles de visa de titres de circulation applicables aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ne sont pas, en elles-mêmes, contraires au principe d’égalité et à la liberté d’aller et de venir. Déception chez tous ceux qui escomptaient une abrogation complète d’une loi d’origine sulfureuse.
Le communiqué du Conseil constitutionnel : http://www.conseil-constitutionnel...., et sa décision n° 2012-279 QPC : http://www.conseil-constitutionnel.....

Les "sages" censurent a minima le statut des gens du voyage

Le Conseil constitutionnel a rendu, vendredi 5 octobre, une décision de censure partielle de la loi du 3 janvier 1969 relative à la circulation des gens du voyage. Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, il avait à se prononcer sur la conformité à la Constitution des titres de circulation imposés aux personnes se trouvant en France depuis plus de six mois sans domicile fixe.


jeudi 4 octobre 2012

“On achève bien les chevaux”



« On achève bien les chevaux » est le titre d’un film qu’on vous conseille de regarder. L’histoire se déroule en Californie dans les années 1930, en pleine dépression. A défaut, vous pouvez observer la situation de la quarantaine de Rroms chassés à Marseille. D’abord par des « riverains » de la citée abandonnée des Créneaux, maintenant par la mairie UMP de la Ville, le tout dans un contexte de chasse créé et soigneusement entretenu par le pouvoir gouvernemental et paragouvernemental, et notamment le premier ministre de l’intérieur du gouvernement socialiste.
Après avoir « déménagé » jeudi dernier « dans le calme », selon la maire PS du secteur, ils s’étaient mis à l’abri du « calme » qui les propulsé en dehors des Créneaux et qui a mis le feu aux affaires qu’ils n’avaient pas pu emporter. Ils ont ensuite occupé un hangar, d’où la ville de Jean-Claude Gaudin veut les faire évacuer aussi, en flagrance. Et ce sera toujours la flagrance des 48 heures, parce qu’on les chassera et on les poursuivra tout le temps, sans cesse. Ces Rroms avaient décidé de porter plainte, et le parquet pourrait se trouver dans l’embarras de commander une enquête sur ce qui s’est passé jeudi dernier. Dans l’embarras, parce que le procureur de la République avait déclaré qu’il y aurait une enquête si des Rroms déposaient plainte. A contrario, il n’y aura pas d’enquête s’il n’y a pas de plainte de la part des Rroms expulsés. Avec l’annonce de cette procédure d’expulsion, porteront-ils plainte ?

Dix ans après la fermeture du camp de Sangatte, plus de répression que jamais à Calais



A Calais, la police a mis à sac le 25 septembre 2012 le lieu de distribution des repas qui avait jusqu’alors bénéficié d’une relative immunité. Des organisations humanitaires pouvaient ainsi y assurer une minimum d’assistance aux exilés et demandeurs d’asile abandonnés à la rue. Près d’une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en rétention.

En décembre, il y aura dix ans que Nicolas Sarkozy détruisait le tristement célèbre camp de Sangatte, annonçant urbi et orbi que cette fermeture entraînerait l’arrêt de toute nouvelle arrivée d’étrangers sur les rivages de la Manche et de la Mer du Nord. Comme la prophétie ne s’est évidemment pas réalisée, il a ensuite chargé MM. Hortefeux, Besson et Guéant de rendre invisibles celles et ceux qui mettaient à mal ses prévisions à coup d’opérations policières. Sous la présidence de François Hollande, rien ne change. Au lieu de tirer des conclusions réalistes de l’échec des prédécesseurs, on poursuit leur stratégie en la durcissant. On s’attaque même au dernier espace humanitaire où les exilés pouvaient espérer un peu de paix et de réconfort.

A Marseille, les expulsions systématiques de Roms attisent les tensions avec la population



Assis sur des baluchons de vêtements rassemblés à la hâte dans des couvertures, sur un bord de trottoir, femmes et enfants attendent. Les hommes se sont rassemblés un peu plus loin, silencieux. Ils sont une cinquantaine, dont treize enfants pour certains âgés de quelques mois seulement. Chassés le 27 septembre 2012 de la cité des Créneaux, dans le 15e arrondissement de Marseille, par des riverains, ce petit groupe de Roms avait fini par trouver refuge dimanche, après trois jours d’errance sous la pluie, dans une concession automobile du même arrondissement.

Boulevard Vintimille à Marseille, le 2 octobre 2012.© LF

Dès le lendemain, la mairie de Marseille, qui gère ce terrain, a déposé plainte pour « occupation illicite et dégradation de bien public ». Et le 2 octobre, à 10 heures, les policiers ont évacué l’ancien garage*, tandis que des ouvriers posaient des parpaings pour murer le terrain. La mécanique est bien rodée, c’est la troisième expulsion en dix jours pour ces familles roms, et la neuvième depuis janvier 2011.

mercredi 3 octobre 2012

Familles en rétention : l'acharnement

Communiqué de presse


Ce vendredi 28 septembre le gouvernement, réuni en conseil des ministres, a adopté le projet de loi élaboré par le ministre de l'intérieur « relatif à la retenue pour vérification du droit au séjour et modifiant le délit d'aide au séjour irrégulier pour en exclure les actions humanitaires et désintéressées ».

Si, d'un côté, le gouvernement restreint le champ d'application du délit de solidarité – sans toutefois l'abroger - de l'autre côté il crée une nouvelle mesure de rétention à destination exclusive des étrangers, se substituant à la garde à vue et destinée à faciliter, comme elle, la traque des sans papiers puis leur expulsion.

dimanche 30 septembre 2012

Bientôt nous brûlerons à nouveau les sorcières !


Que connaissent-ils de ces pauvres gens ?
Ils sont pauvres eux-mêmes…
Ils crèvent de cette société qui désigne, exclut, divise, génère sur le terreau de la bêtise et de l’ignorance, la haine et le désespoir….
Eux aussi sont autant méprisés qu’ils sont délaissés !

samedi 29 septembre 2012

Dix ans après la fermeture du camp de Sangatte Plus de répression que jamais à Calais




À Calais, la police a mis à sac le 25 septembre 2012 le lieu de distribution des repas qui avait jusqu’alors bénéficié d’une relative immunité. Des organisations humanitaires pouvaient ainsi y assurer une minimum d’assistance aux exilés et demandeurs d’asile abandonnés à la rue. Près d’une vingtaine de personnes ont été interpellées et placées en rétention.

En décembre, il y aura dix ans que Nicolas Sarkozy détruisait le tristement célèbre camp de Sangatte, annonçant urbi et orbi que cette fermeture entraînerait l’arrêt de toute nouvelle arrivée d’étrangers sur les rivages de la Manche et de la Mer du Nord. Comme la prophétie ne s’est évidemment pas réalisée, il a ensuite chargé MM. Hortefeux, Besson et Guéant de rendre invisibles celles et ceux qui mettaient à mal ses prévisions à coup d’opérations policières. Sous la présidence de François Hollande, rien ne change. Au lieu de tirer des conclusions réalistes de l’échec des prédécesseurs, on poursuit leur stratégie en la durcissant. On s’attaque même au dernier espace humanitaire où les exilés pouvaient espérer un peu de paix et de réconfort.

Marseille: l’incendiaire se trouve Place Beauvau



L’évacuation par « des riverains » d’une trentaine de Rroms à Marseille et la mise à feu de leurs affaires marquent le début des pogromes anti-tsiganes en France. La police de M. Valls, présente sur place, n’a procédé à aucune interpellation « en l’absence d’agression physique ». Mais le vrai incendiaire est leur ministre de tutelle lui-même, puisque depuis l’été dernier il martèle inlassablement le message de l’urgence du « démantèlement des campements illicites », qu’il juge « un défi au vivre ensemble ».

Migrants de Calais de Charybde en Scylla




Le 25 septembre 2012, encore un saccage policier des abris précaires et des maigres biens des Afghans, Erythréens, Somaliens, Soudanais, ou Syriens qui cherchent le chemin de l'Angleterre. Cette fois-ci, cela a commencé auprès des lieux de distribution de repas...
 Selon Wikipedia, “Charybde et Scylla sont deux monstres marins de la mythologie grecque, situés de part et d'autre d'un détroit traditionnellement identifié comme étant celui de Messine. Plus précisément Charybde symbolise le « tout ou rien », la mort pour tous ou la vie pour tous, selon un jeu de probabilité. Et Scylla incarne la mort certaine pour une partie de l'équipage, mais la vie pour les autres ». description qui évoque tout aussi bien le destin tragique des migrants bloqués dans le Pas de Calais, pris entre le refus d'accueil de la Grande Bretagne et le rejet forcené de la France.

samedi 22 septembre 2012

La rétention des étrangers indésirables: choses vues

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                                                            photo

Les équipes de juristes présentes dans les centres de rétention proches des aéroports de Paris-Charles De Gaulle et de Toulouse témoignent de situations extrêmes vécues par des étrangers menacés d'expulsion. Un tragique confinant au cocasse, qui illustre une "politique de l'immigration" qui réjouirait le Père Ubu.


Voici deux lectures roboratives qui permettent de voir dans ses conséquences ultimes ce qui prétend être une politique de maitrise des flux migratoires. Dans les centres de rétention administratives (CRA), l'humain semble ne plus exister. Prime la multiplication des procédures en vue de coller à des objectifs fantasmagoriques. A Toulouse, les juristes parlent de Planète CRA, ceux du Mesnil-Amelot (aéroport Charles De Gaulle) déclinent des Crazettes



samedi 15 septembre 2012

Des gendarmes varois racontent les pratiques illégales contre les Roms




Des Roms, souvent mineurs, interpellés, puis, à l'issue de leur vérification d'identité ou garde à vue, transportés dans un véhicule de gendarmerie et relâchés, parfois dépouillés de leurs chaussures, à des dizaines de kilomètres de leur lieu d'interpellation. Selon plusieurs gendarmes du Var, ces pratiques illégales auraient eu cours au moins en 2010 et 2011 dans leur brigade, à Brignoles, qui compte une vingtaine de fonctionnaires.

Deux gendarmes brignolais, rencontrés par Mediapart, affirment, sous couvert d'anonymat, avoir été témoins ou avoir participé à ces « raccompagnements » de Roms de nationalité étrangère en 2010 et 2011. En plus de ce qui s'apparente à des séquestrations arbitraires avec vol de chaussures, ils évoquent également des interpellations et des prises d'empreintes digitales en dehors de tout cadre légal, ainsi que des violences légères. D'après ces deux gradés, ces dérives seraient connues par leur hiérarchie directe et remonteraient à plusieurs années.

jeudi 13 septembre 2012

L'Europe s'honorerait en trouvant une issue pour les Roms, ce vieux peuple amoureux de la liberté




ce texte est paru dans le Courrier international, en date du 23.10.1997, écrit par Alexandre Adler 



Y aura-t-il demain des Tsiganes heureux ? Ce mot d'ordre des années 80, qui avait inspiré un beau film yougoslave antiraciste - eh, oui ! yougoslave -, est sans doute prématuré, mais il n'est peut-être plus hors de portée, au moins en Europe de l'Est. La fin du communisme y avait été accompagnée de bruit et de fureur alarmants. En Roumanie, en particulier, au lendemain de la révolte de décembre 1989, il ne faisait pas bon être rom. On prétendait de tous côtés que les Tsiganes avaient constitué - après les Juifs des années 50 - les gros bataillons de la Securitate de Ceausescu. On accusait son ministre de l'Intérieur, Postelnicu, d'être tsigane et d'avoir opprimé les "Unions roumaines" par revanche raciale, alors qu'en réalité il avait pris en 1987 des mesures pour retirer systématiquement le permis de conduire à tous les Tsiganes ! Dans les pays tchèques, le climat n'était pas moins exécrable, notamment dans ces confins moraves où naquit Mahler (Jihlava et sa région). Prague et Bratislava jouaient à se renvoyer mutuellement leurs Tsiganes. En Hongrie, en Bulgarie, en Ukraine, où, là aussi, les Tsiganes sont nombreux, le climat n'était souvent pas meilleur. 


mercredi 12 septembre 2012

Avant que tout ce qui dépasse, y passe…


Au nom du respect de la diversité, on réintroduit les ours dans les Pyrénées, on réimplante les loups dans nos montagnes, on se bat pour sauver la poule landaise menacée d’extinction et on n’est même pas foutu de protéger l’un des derniers peuples nomades, précieux témoignage de notre humanité :
Les Roms.
Pire, on les chasse.
Il faut être aussi con, inculte et populiste qu’un ministre de l’intérieur pour vouloir rapatrier les membres d’une communauté qui précisément n’ont pas de territoire. Et c’est bien tout le paradoxe de ces crétins de libéraux, mondialisés de la marchandise et des capitaux, plutôt que des hommes, que de vouloir expulser ou intégrer (c’est selon) ce peuple itinérant, qui se joue des frontières et dont le rayon d‘action est précisément le monde.

mardi 11 septembre 2012

Évacuations de campements de Roms : brutale « humanité »


Pendant les seuls mois de juillet et août, cette année, deux à trois milliers de Roms ont été évacués des terrains qu’ils occupaient – un chiffre comparable à celui de l’été 2011 et nettement supérieur à celui de l’été 2010, à l’époque du sarkozysme : Saint-Etienne, Lyon, Lille, Marseille, Aix en Provence, La Courneuve, Stains, Vaulx-en-Velin, Evry, Saint-Priest... : la liste, non exhaustive, continue à s’allonger de jour en jour, malgré les belles promesses du gouvernement.

Aux violences contre les personnes et les biens s’ajoute le mépris de la loi : ainsi, à Evry, l’expulsion est intervenue sans décision judiciaire préalable et le juge a désavoué a posteriori l’initiative du préfet qui avait cru pouvoir anticiper une décision favorable. Les évacuations ne sont accompagnées d’aucune proposition d’hébergement alternatif, sinon, parfois, quelques hébergements d’urgence relevant du SAMU social.


lundi 10 septembre 2012

Roms : pour Manuel Valls le changement, ce n’est pas maintenant


Utilisation de chiffres farfelus sur la délinquance, expulsions musclées et illégales de Roms, mise en garde des instances européennes à l’encontre de l’État français... On se demande si Brice Hortefeux et Claude Guéant ont vraiment quitté le ministère de l’Intérieur. Leur successeur Manuel Valls semble avoir repris leurs méthodes de travail avec beaucoup de zèle.


Photo : Thomas Bresson
+ 69 %: ce serait le taux d’augmentation de la délinquance roumaine en France entre 2009 et 2011, selon des chiffres de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Publiés jeudi 23 août par Le Parisien, ils tombaient à pic pour justifier les évacuations musclées de populations Roms menées par le ministère de l’Intérieur depuis le début de l’été. Manuel Valls s’est d’ailleurs empressé de commenter « l’information » : c’est « une réalité » qu’il « ne faut surtout pas nier », a-t-il assuré à l’Agence France Presse. « Cela veut bien dire, et ces chiffres sont là pour le démontrer, qu’il faut combattre la délinquance d’où qu’elle vienne », a-t-il ajouté.