Affichage des articles dont le libellé est livres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livres. Afficher tous les articles

lundi 1 octobre 2012

Dette publique : Peut-on effacer l’ardoise ?



Qui plus, qui moins, aucun pays de la zone euro et même au-delà, n’échappe au casse-tête de la dette publique. Les réponses qui sont proposées peuvent être classées dans deux camps.

1°) Celui des tenants de l’austérité : les Etats doivent réduire leur train de vie, réduire les dépenses sociales et faire baisser les salaires pour améliorer la compétitivité externe et ainsi retrouver des marges pour rembourser leurs dettes. C’est la politique prônée par l’Europe, Allemagne en tête.
Le problème de cette politique, c’est qu’elle fait baisser l’activité économique et aggrave le chômage. Elle réduit les rentrées fiscales et n’améliore en rien la solvabilité des Etats tout en provoquant une grave crise sociale.

dimanche 25 mars 2012

Immigration, expulsions: «Cette France-là» évalue les préfets



Que vont-ils devenir ? Non pas les sans-papiers interpellés, enfermés et expulsés, mais les préfets qui ont décidé de leur sort et ont fait preuve d’un zèle particulier au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

En cas d’élection à la présidence de la République, François Hollande, le candidat du PS, a prévenu qu’il allait « remettre l’État républicain à sa place », en référence aux hauts fonctionnaires « liés » à l’« État UMP ». « Aucun de ceux qui aujourd’hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n’ont à s’inquiéter, mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d’autres », a-t-il insisté le 19 février 2012. En réaction, le président-candidat, Nicolas Sarkozy, a crié à l’épuration allumant un contre-feu aux huées qui l’ont accompagné lors de son déplacement à Bayonne.

dimanche 12 février 2012

Le sarkozysme tardif : sur une droite hémiplégique



Chacun se souvient du candidat Sarkozy juché sur un cheval camarguais en tenue de gardian, une meute de photographes et de cameramen à sa suite, parquée sur une charrette qui avançait au pas. L’image fit sourire. Ce n’était que la première d’une suite de clichés présidentiels, le banc titre du sarkozysme.

Ici, le président, s’ennuie au milieu des soldats en terre cuite exhumés par les archéologues chinois. Là, il assiste à la Maison Blanche, à un drame costumé sur Lafayette aux côtés de Georges W. Bush. Surprenant moment de théâtre dans le théâtre. Chacun se souvient de la sortie à Eurodisney avec Carla Bruni ? Et les pyramides d’Egypte ! et le yacht des Bolloré ! Inoubliable ! Certaines histoires finissent mal. D’autres connaissent un happy end comme la libération des infirmières bulgares ou celle d’Ingrid Bettencourt. Une « séquence sans faute » selon le président.

samedi 11 février 2012

Avanti populisme!



Neuf lettres qui n'ont rien de neuf, mais qui écorchent les oreilles : populisme. Curieux mot. Son suffixe en ismesonne comme l'estampille objective d'un système (capitalisme, communisme, gaullisme, existentialisme...). Toutefois, populisme hérisse la langue. Le vocable est urticant. On croit entendre, dans le dégoût de ceux qui l'emploient, quelque chose comme « populard », ou bien « populâtrie ».

mardi 31 janvier 2012

Le procès bâclé des nouveaux chiens de garde


Il était difficile de suivre l’émission de propagande organisée dimanche soir 29 janvier pour Nicolas Sarkozy simultanément sur huit chaînes du secteur privé comme du service public, sans penser au titre du documentaire Les nouveaux chiens de garde, qui a été réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat et qui est sorti en salle le 11 janvier dernier.

Car, du début jusqu’à la fin, le face-à-face entre le candidat de l’UMP pour l’élection présidentielle -qui faisait mine de parler en sa qualité de président de la République-, et quatre journalistes -qui faisaient mine de ne pas se rendre compte du subterfuge-, a fonctionné comme la meilleure et la plus terrible des bandes annonces de ce film à charge contre certaines dérives de la presse.

lundi 30 janvier 2012

La tolérance…



Islamophobie, xénophobie, intégrisme, racisme, antisémitisme ; les bien-pensants de la rectitude politique, croient toujours de bon ton de détruire tout individu qui s’attaque aux religions monothéistes. Ils sont les censeurs religieux des Temps modernes, les grands prêtres d’un nouvel imprimatur. Alors, attaquez-moi, parce que je suis de ceux qui veulent mettre un frein à l’invasion des religions.

lundi 19 décembre 2011

Sándor Márai, écrivain chaman de l'Europe vacillante


« Tant qu'on me laissera écrire, je montrerai qu'il fut une époque où l'on croyait en la victoire de la morale sur les instincts, en la force de l'esprit et en sa capacité de maîtriser les pulsions meurtrières de la horde », écrivait Márai. Depuis 1990, le monde redécouvre cet homme qui sait en un récit fluide conjuguer sensualité, impressions, pensée.

On ne lit pas Sándor Márai, on y bascule. On y retrouve quelque chose des lectures somnambuliques de l'enfance. Ainsi les premières pages de La Sœur ouvrent-elles sur une auberge perdue en montagne quelque part dans les Carpates, ravitaillée à grand peine depuis la vallée. « Le petit groupe d'hôtes se retrouvait dans le seul espace commun, devant la cheminée paysanne en céramique de la salle à manger qui embaumait le sapin.» Car les pensionnaires, venus profiter d'un Noël magique, enneigé, épuré, vivifiant, trompent leur ennui et rongent leur frein : il pleut sans discontinuer, tout est gris et noyé. On s'interroge paresseusement sur cet étrange couple entre deux âges arrivé avec des bagages trop luxueux, replié dans la meilleure chambre. Tour à tour, homme et femme descendent écouter anxieusement la radio. Z, un musicien célèbre, mais disparu des rubriques mondaines depuis quelques années, se trouve là aussi.

Migrations : Et si on envisageait la libre circulation mondiale des personnes ?



La libre circulation des personnes présente aujourd’hui un bilan en demi-teinte. Si l’Union Européenne a réussi à mettre sur un pied d’égalité les hommes et les marchandises, en attribuant aux deux la faculté de se déplacer par delà les frontières administratives de chaque pays, il n’en est pas de même, loin de là, à l’échelle mondiale. Le paradoxe est pourtant net : alors que l’époque est à la libre –circulation des biens et des capitaux, aux accords régionaux de libre-échange, envisager la libre circulation des personnes reste le fait de discours associatifs, loin de la sphère politicienne. Si le scénario d’une libre circulation des personnes fait souvent sourire par son apparente invraisemblance, il n’en demeure pas moins un sujet qui anime aujourd’hui militants et chercheurs.


samedi 17 décembre 2011

Guerre d'Algérie: les fiches secrètes des RG sur le FLN



Mediapart publie aujourd'hui des documents inédits sur la guerre d'Algérie. Il s'agit de plusieurs notes de synthèse de la Sûreté nationale (SN, dont faisaient partie les Renseignements généraux), qui ont été rédigées au long de l'année charnière 1961. Ces notes ont, à l'époque, été adressées au ministre de l'intérieur, Roger Frey (qui avait succédé à Pierre Chatenet à partir du mois d'avril), au premier ministre, Michel Debré, et au président de la République, Charles de Gaulle.

Jamais publiés jusqu'ici, ces documents proviennent de vieux dossiers longtemps restés sous clef au ministère de l'intérieur. Confiés, dans un premier temps, à l'historien Benjamin Stora au début des années 1980, ils ont été redécouverts récemment dans les archives de ce dernier par le journaliste Laurent Chabrun. Notre confrère vient de publier un ouvrage sur la lutte des services de renseignement français contre le FLN (La Guerre de l'ombre, Jacob-Duvernet).

jeudi 1 décembre 2011

Choisir la solidarité pour préserver la Sécu


Les cinq auteurs du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire, appelés «au devoir de responsabilité» par Nicolas Sarkozy, lui répliquent: c'est «l'ambition même du manifeste». Ils invitent «l'ensemble des responsables politiques à placer la santé et l'assurance-maladie au cœur du débat démocratique et électoral de 2012».



Dans son discours du 15 novembre à Bordeaux, le président de la République a réaffirmé sa détermination à «préserver le modèle social français menacé par les fraudes à la Sécurité sociale». Il a, à cette occasion, évoqué les propositions du Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire et en a appelé «au devoir de responsabilité» de ses auteurs, soupçonnés de vouloir «abandonner tout mécanisme de maîtrise des dépenses de santé et s'en remettre à des augmentations automatiques des cotisations».

lundi 28 novembre 2011

D’où viennent nos politiques ?


L’ouvrage très érudit de Jean-Louis Beaucarnot Le tout politique. Origines, cousinages, parcours, personnalités, indiscrétions (Paris : L’archipel, 2011) pose, à sa manière, l’éternel problème de l’inné et de l’acquis. On se fait seul, avec les autres, au sein des autres, contre les autres, en marge des autres. Notre histoire personnelle s’inscrit dans l’histoire du groupe, de la classe, du pays auxquels on appartient. Mais on vient toujours de quelque part. Tenez : Chérèque (et laissez-le tomber juste après). Y a-t-il un rapport entre son appétence pour les raouts du MEDEF et le fait qu’il soit cousin de Laurence Parisot ? Le fils musicien de Mozart n’a pas hérité du génie de son père. Mais qu’il ait été imprégné d’une musique géniale alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère l’a forcément aidé à jouer et à composer quelques œuvres, certes mineures, mais pas ridicules.

dimanche 20 novembre 2011

Un livre pour ne pas oublier


Si les responsables des éditions du Seuil m'avaient demandé mon avis, je leur aurais suggéré de rééditer, ou de réimprimer, le livre de Monique Hervo, Chroniques du bidonville : Nanterre en guerre d'Algérie, que leur maison a publié en 2001. C'était dans la collection "L'épreuve des faits", avec une préface de François Maspero.

jeudi 3 novembre 2011

L’État n’est plus rien, soyons tout


Entretien avec Raoul Vaneigem

Peux-tu donner une brève définition des situationnistes ?

Non. Le vivant est irréductible aux définitions. Ce qu’il y avait de vie et de radicalité chez les situationnistes continue à se développer dans les coulisses d’un spectacle qui a toutes les raisons de le taire et de l’occulter. En revanche, la récupération idéologique dont cette radicalité a été l’objet connaît une vague mondaine dont les intérêts n’ont rien de commun avec les miens.

vendredi 28 octobre 2011

Fanon si proche et si lointain


En juillet 1961, Sartre et Beauvoir, qui se sentent menacés à Paris, sont à Rome, où ils rencontrent Frantz Fanon, une de figures de la guerre algérienne de libération. C'est une première: ils ne s'étaient jamais vus. Sartre accepte de donner une préface aux Damnés de la terre que Fanon va sortir chez Maspero et qui fera sa gloire. Cette préface défendra de façon véhémente, comme le fait l'ouvrage même, la violence que le colonisé est en droit de retourner contre le colonisateur. Sartre y écrit: «Ce livre n'avait nul besoin d'une préface. D'autant moins qu'il ne s'adresse pas à nous. J'en ai fait une cependant pour mener jusqu'au bout la dialectique: nous aussi, gens de l'Europe, on nous décolonise: cela veut dire qu'on extirpe par une opération sanglante le colon qui est en chacun de nous.» Affirmation qui scandalise et fait de Sartre «l'homme le plus haï de France». Pour ce qui est de Fanon, atteint de leucémie, il devait mourir quelques mois plus tard dans un hôpital américain. Avec Les Damnés, il avait donné ce qui était tout ensemble le manifeste de la décolonisation et celui du tiers-mondisme. C'était il y a cinquante ans.

mardi 25 octobre 2011

Dominique Fernandez : Ramon


La lecture des livres de Dominique Fernandez (romans, livres de voyage, photographies) m’a toujours procuré un très grand plaisir. Avec, cependant, deux petits bémols. Pour se rassurer, j’imagine, Fernandez éprouve le besoin d’en faire des kilos, d’écrire jusqu’à plus soif. Dans son très beau livre sur Tchaikovski, par exemple, s’il ne nous décrit pas trois cents rues et artères russes, il n’en décrit aucune. Dans son Ramon, il nous inflige, par le menu (c’est le cas de le dire), la liste des vingt-sept convives invités par ses parents lors des quarante-trois repas littéraires donnés en leur appartement. Il y a également chez Fernandez, dans nombre de ses ouvrages, un fond de bidet rance. Il ne peut s’empêcher de renifler les remugles, de regarder par les trous de serrure. Dans ce dernier ouvrage, il évoque la rumeur de seconde main selon laquelle Drieu la Rochelle aurait couché avec Aragon. Si c’est avéré, cela n’a strictement aucun intérêt d’un point de vue littéraire et politique.

mercredi 12 octobre 2011

Fichage, rafles, camps: les racines policières du 17 octobre 1961



Qu'est-ce qui a rendu possible l'explosion des violences policières du 17 octobre 1961? Dans son livre qui vient de paraître, La Police parisienne et les Algériens (1944-1962 (Nouveau monde, 2011), l'historien Emmanuel Blanchard, chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip), prend à bras-le-corps cette question en décrivant l'emprise policière sur les Algériens émigrés en métropole après la Seconde Guerre mondiale.

lundi 10 octobre 2011

Cardon : « Un dessin qui dérange, à la mesure de la violence du monde »


« On me dit souvent que mes dessins sont pessimistes ; ils sont simplement réalistes. » Cardon n’est pas de ces dessinateurs de presse qui jouent sur la légèreté. Ses dessins s’incrustent durablement dans les mémoires, dépassent le simple commentaire d’actualité. Les lecteurs du Canard Enchaîné le savent bien, eux qui le croisent toutes les semaines. Rencontre.

mardi 27 septembre 2011

La fabrique de l’homme endetté, essai sur la condition néolibérale / Maurizio Lazzarato


En Europe, après d’autres régions du monde, la lutte des classes se déploie et se concentre aujourd’hui autour de la dette. La crise de la dette touche maintenant les États-Unis et le monde anglo-saxon, autrement dit les pays où sont nés non seulement la dernière débâcle financière, mais aussi et surtout le néolibéralisme.

lundi 19 septembre 2011

Friedrich Hayek, La route de la servitude


L'impression que donne Hayek dans ces pages est mitigée : on le suit dans ce qu'il rejette, qui est également détestable ; on comprend moins bien, en revanche, ce qu'il souhaite.

Au moment où il le publie la deuxième guerre mondiale s'achève. En vue de la reconstruction, il rappelle l'importance de la notion de liberté et les dangers de ce qu'il appelle le dirigisme, le totalitarisme, ou comment l'on passe éventuellement de l'un à l'autre. Il souhaite particulièrement prévenir les socialistes de la tentation autoritaire.

dimanche 18 septembre 2011

Silence(s) de Mort (Lucien Bonnafé)


Pans de nuit et lambeaux de brouillard

Il est des témoins de l'histoire que la grande image de "nuit et brouillard" ne laisse jamais en repos, et qui ne cessent de résister aux puissances de résorption de la mémoire, qui ne masquent jamais innocemment les dérangeantes vérités.

Ils connaissent les liens entre ignorantisme et oppression. Ils savent que tous les désirs dominateurs ont pour armes l'ignorance et l'oubli.