Ils n’ont parfois que dix ou douze ans, parfois un peu plus, parfois un peu moins, et pourtant ils se jettent déjà à corps perdu, du haut de leurs trois ou quatre pommes, dans la tourmente, s’il n’ont la chance de connaître un jour la pleine reconnaissance, que leur apportera leur engagement militant, voire leur activisme politique naissant.
Car ce sont bel et bien des enfants qui, en raison de circonstances politiques, économiques ou autres, au lieu de pouvoir mener une vie d’enfant normalement faite de rires insouciants, de jeux, d’imaginaire merveilleux et d‘apprentissage, décident avec une incroyable force de caractère, une conviction inébranlable et une extraordinaire volonté, de prendre en main non seulement leur destin, mais également celui des autres, et de se mettre totalement au service d’une cause dans laquelle ils placent tous leurs espoirs et pour laquelle ils sont prêts à s’oublier, parfois même se sacrifier, avec la naïveté et la foi propres à ceux, trop peu nombreux, qui cultivent la certitude que l’on peut encore changer le monde car un monde meilleur reste à notre portée.