Depuis maintenant près de quatorze semaines, plus de trois mois, le gouvernement du Québec réagit aux arguments des étudiants en grève par un ensemble de tactiques faites d'un alliage de déni et répression. Il a tantôt organisé sa fuite, refusant de prendre acte de la mobilisation d'une part considérable des étudiants de la province, d'une manière particulièrement ostensible au lendemain des manifestations massives des 22 mars et 22 avril derniers, faisant de l'absence de réaction le fondement d'un déni nommé « gestion ». Il s'est, le reste du temps, adonné à un recours à la force et à la répression policière sans mesure, portant la responsabilité de blessures très graves de plusieurs manifestants et donnant lieu à un nombre inquiétant d'arrestations, généralisées lors des marches de protestation. Cette stratégie associant faux-fuyants et brutalité est celle, pour le moins paradoxale de la part d'un gouvernement démocratique, d'un refus non-négociable de situer son action et sa légitimité dans le registre politique. Au lieu de s'engager dans la part d'antagonisme que suppose la vie politique, le gouvernement libéral[2] s'emploie au contraire à communiquer sa volonté sous la forme de ce qui doit apparaître comme des évidences placées hors de toute argumentation. Alors que le mouvement étudiant et ses représentants portent des revendications explicitement politiques, selon un mode d'action authentiquement politique – la grève, décidée par le vote d'assemblées pratiquant la démocratie directe – le gouvernement, systématiquement et avant tout, cherche à extraire le débat de ces enjeux. Au cours des premières semaines du conflit, cette attitude a été activement relayée par la direction de certaines université, en particulier celle de l'Université de Montréal, dont l'attitude et les pratiques se sont à peu près calquées sur celles du gouvernement. Ce refus du jeu et de la confrontation proprement politiques s'est appuyé sur trois stratégies principales : le déni, la répression et la judiciarisation de la grève étudiante. Toutes les trois ont pour ressort et pour effet partagé de menacer directement la communauté au sein de laquelle ce conflit a lieu, dans le sens où l'action du gouvernement vise à faire admettre qu'il n'y a pas de communauté concernée par ce conflit et ses enjeux.
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793
samedi 26 mai 2012
Eric Toussaint : « La Grèce et l’Europe dans les chaînes de la dette »
De nombreux experts et politiciens européens considèrent que la crise des dettes publiques dans la zone euro a été maîtrisée avec la récente réduction négociée de la dette grecque de 50 %, et la nouvelle tranche d’aide de 130 milliards d’euros. Pouvons-nous effectivement pousser un soupir de soulagement ?
Tout d’abord, cette aide à la Grèce est un cadeau empoisonné. Il s’agit avant tout de sauver les grandes banques privées européennes qui investissaient auparavant dans les obligations grecques. Les gouvernements des pays européens pensent que si la Grèce avait suspendu le remboursement de la dette, on aurait eu un effet de domino, et l’Union européenne serait tombée dans une crise systémique qui toucherait également ces banques-là. Deuxièmement, ce prétendu cadeau, c’est en réalité un prêt, c’est-à-dire de nouvelles dettes. L’aide européenne pour Athènes, soi-disant si généreuse, c’est tout simplement 130 milliards de nouveaux crédits. Pas besoin d’être docteur en mathématiques pour comprendre que si d’un côté on réduit la dette de 107 milliards, et de l’autre on prête 130 milliards, alors nous aurons au bout du compte une augmentation du montant de la dette. Troisièmement, ce nouveau plan d’aide à la Grèce ne signifie pas la fin de la crise. Car, de toute manière, le niveau de l’endettement de la Grèce est insoutenable. La Troïka (la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international) prévoit qu’en 2013 la dette de la Grèce représentera 164 % du PIB. Or la politique que la Troïka impose à la Grèce a déjà abouti à une réduction des recettes fiscales du gouvernement. L’activité économique va continuer à se contracter avec les réductions des dépenses publiques et privées, des salaires et de l’emploi. Dans une telle situation, il n’y a pas de moyens financiers suffisants pour le remboursement de la dette. C’est pourquoi, de nombreux économistes pensent dès maintenant qu’à l’avenir il faudra un nouveau plan de crédits pour le gouvernement de la Grèce.
Tout d’abord, cette aide à la Grèce est un cadeau empoisonné. Il s’agit avant tout de sauver les grandes banques privées européennes qui investissaient auparavant dans les obligations grecques. Les gouvernements des pays européens pensent que si la Grèce avait suspendu le remboursement de la dette, on aurait eu un effet de domino, et l’Union européenne serait tombée dans une crise systémique qui toucherait également ces banques-là. Deuxièmement, ce prétendu cadeau, c’est en réalité un prêt, c’est-à-dire de nouvelles dettes. L’aide européenne pour Athènes, soi-disant si généreuse, c’est tout simplement 130 milliards de nouveaux crédits. Pas besoin d’être docteur en mathématiques pour comprendre que si d’un côté on réduit la dette de 107 milliards, et de l’autre on prête 130 milliards, alors nous aurons au bout du compte une augmentation du montant de la dette. Troisièmement, ce nouveau plan d’aide à la Grèce ne signifie pas la fin de la crise. Car, de toute manière, le niveau de l’endettement de la Grèce est insoutenable. La Troïka (la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international) prévoit qu’en 2013 la dette de la Grèce représentera 164 % du PIB. Or la politique que la Troïka impose à la Grèce a déjà abouti à une réduction des recettes fiscales du gouvernement. L’activité économique va continuer à se contracter avec les réductions des dépenses publiques et privées, des salaires et de l’emploi. Dans une telle situation, il n’y a pas de moyens financiers suffisants pour le remboursement de la dette. C’est pourquoi, de nombreux économistes pensent dès maintenant qu’à l’avenir il faudra un nouveau plan de crédits pour le gouvernement de la Grèce.
mardi 22 mai 2012
Enquête sur cette jeune génération FN qui veut le pouvoir
Ils ont moins de 45 ans, trustent l'organigramme du Front national et sont candidats aux législatives. Ils se sont vu offrir par Marine Le Pen des responsabilités et une médiatisation qu’ils n’auraient pu espérer dans aucun autre parti. La différence avec leurs aînés ? Ils veulent le pouvoir. Mais toujours avec le même programme.
Le 15 janvier 2011, au congrès de Tours, Jean-Marie Le Pen passe le flambeau à sa fille. Les quadras du Front national savent que les manettes du parti vont leur revenir, enfin. Ils sont nés après 1968, n'ont connu ni la Seconde Guerre mondiale, ni la guerre d'Algérie, ont commencé à militer à leur adolescence et ont toujours aspiré au pouvoir. Certains sont restés fidèles à Le Pen, d’autres l’ont lâché un temps pour Bruno Mégret, d'autres encore sont des ralliés (souverainistes notamment). Mais tous prônent un renouveau qui tient en deux mots : « dédiabolisation » et crédibilité. C'est eux que la présidente du FN place dans sa vitrine, remisant dans l'arrière-boutique les personnages plus sulfureux (lire notre article sur ses réseaux obscurs).
Québec: au cœur du mouvement étudiant
« Il faut faire attention quand on réveille un peuple endormi », avertit le politologue Eric Martin sur un ton provocateur mais amusé. Le jeune professeur est encore surpris par la détermination de ses élèves, ces étudiants québécois qui participent à ce qui, en trois mois, est devenu la plus longue grève de l’histoire du Québec.
Carré rouge épinglé sur sa veste, Eric Martin préfère parler de« printemps québécois » que de « printemps érable », spécificité provinciale oblige, et ne cache pas avoir embrassé la cause des étudiants. Le politologue étudie de près la question de l’éducation dans la pensée néolibérale pour l’Institut de recherches et d’informations socio-économiques (IRIS), l’un des think tank de gauche du Québec, un lieu indispensable pour comprendre ce qui est en train de se tramer dans la province.
Car ce mouvement étudiant s'est transformé en une opposition tenace au gouvernement libéral de Jean Charest en place dans la province depuis 2003. La grève – ou « boycott des cours », expression retenue par le gouvernement puisque les étudiants ne sont pas régis par le droit du travail – est suivie par 150 000 à 300 000 étudiants selon les périodes, c'est-à-dire 30 à 60 % des étudiants.
lundi 21 mai 2012
Sofia Sakorafa : "Si rester dans la zone euro signifie la destruction de la Grèce, nous devrons en sortir"
Sofia Sakorafa, députée de Syriza et parlementaire qui a obtenu le plus de suffrages (parmi tous les élus tous partis confondus), déclare : « On dit au peuple grec qu’il a une dette mais personne ne sait d’où elle est issue ni ce que l’on paie ».
Un poster de Hugo Chávez décore le bureau de Sofia Sakorafa (Trikala, 1957) dans le quartier d' Exarchia, aux façades couvertes de graffitis anarchistes. Ex-députée du Pasok, elle fait partie de la coalition de gauche radicale Syriza et est la parlementaire qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages le 6 mai. Ancienne lanceuse de javelot médaillée olympique, elle fut la première membre du Pasok à se rebeller et fut expulsée suite à son vote contre le premier plan d’ajustement. « Je ne pouvais pas rester au sein d’un parti qui a viré à droite et a appliqué une politique néolibérale qui rompt avec sa tradition et son programme ».
dimanche 29 avril 2012
Migrants : le piège de Patras
Nathalie Loubeyre est réalisatrice. Elle revient aujourd’hui de Patras (Grèce), où elle tourne un film sur la politique européenne de « maîtrise des flux ».
À l’heure où la « bêtise systémique » qui gouverne le monde menace sa propre survie, où le projet européen dévoile son vrai visage, antidémocratique et inégalitaire, où se profile une forme de « fascisme financier » dont les institutions européennes sont le fer de lance, il est une réalité dont personne ne parle ou presque. Pourtant, elle dessine bien plus sûrement que d’autres le visage de cette Europe en marche vers le pire.
Cette réalité, tout le monde la connaît, mais nous sommes très peu à la voir. Tout le monde en voit des images, mais très peu en prennent la véritable mesure. Pourtant, elle n’est pas difficile à observer de visu, pour qui s’en donne la peine. Car même si elle se joue souvent loin des regards, elle se donne néanmoins à voir en de nombreux endroits du territoire de l’Europe, inhumaine, coercitive et violente.
mardi 17 avril 2012
Société en péril
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Par temps de campagne plus que d’habitude, l’attention est retenue par la personnalité des dirigeants politiques, les jeux, les positions dans la course de chevaux et, à un moindre degré par les propositions. Au moins cela bouge-t-il. Mais l’élection n’est-elle pas alors un paravent qui cache l’essentiel ? Derrière le volontarisme politique de circonstance, la lucidité n’est pas forcément au rendez-vous pour comprendre l’état du pays qui explique ce qui se passe dans une élection. En l’occurrence, la crise profonde dans laquelle le pays est embourbé explique en partie la virulence inhabituelle des affrontements. Les initiés savaient que la campagne serait violente, aux limites des injures, avec des coups bas, d’autant plus que la République française plonge dans la corruption et que tout le monde a beaucoup à perdre. En partie, un effet du présidentialisme. Ce n’est pourtant pas seulement la compétition électorale qui engendre une situation dangereuse mais la situation dangereuse qui engendre ces tensions et les prolongera au-delà de l’élection.
Les assistés de la France d’en haut sont-ils "intouchables" ?
Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités.
« Comment vous vivez l’idée d’être un assisté, ça vous gêne pas de vivre sur le dos des autres ? ». « Ca va merci. Et vous ? » Ce dialogue entre François Cluzet, riche handicapé assisté d’une kyrielle d’aides et Omar Sy, demandeur d’emploi, tiré du film Intouchables d’Olivier Nakache et Eric Toledano, en dit long sur la société française. La France est pour partie un pays « d’assistés ». Dans l’immense majorité des cas, il s’agit d’aider les plus démunis à ne pas verser dans la misère. Mais le soutien de la collectivité ne se résume pas aux plus pauvres, loin s’en faut. Le problème, c’est qu’en haut de la hiérarchie sociale, on se permet de faire la leçon à une France qui peine à boucler ses fins de mois.
Comment évaluer le nombre d’"assistés" ? Si l’on adopte une vision restrictive, on peut y inclure les titulaires des prestations sociales, qu’elles soient universelles (comme les allocations familiales) ou ciblées sur les plus modestes (comme les allocations logement). En 2010, les minima sociaux font vivre 6,3 millions de personnes – soit 10 % de la population - d’après le ministère de la santé. De plus, huit millions de salariés à faibles revenus perçoivent la prime pour l’emploi ou le RSA activité [1] d’après les dernières données en 2011. Quelque 4,5 millions de foyers ont bénéficié des allocations familiales et 2,5 millions des allocations logement versés par les Caisses d’allocations familiales (CAF) en 2010 [2]. Il faut encore y ajouter les aides sociales aux démunis, que ce soit pour l’hébergement, la santé, la garde d’enfants, versées au cas par cas par les CAF, l’assurance maladie et les collectivités locales.
Et si pour faire gagner la gauche il valait mieux voter à droite ?
L’échéance approche. Bientôt les électeurs Français se rendront par millions voter au premier tour de l’élection présidentielle, et cela malgré le constat largement partagé de l’arnaque que constitue le système électoral français. Mais faire ce constat ne résout malheureusement rien. Il faut désormais faire preuve de pragmatisme et regarder la réalité en face : au delà du débat d’idées et de la conviction politique se trouvent la tactique et la stratégie, et les résultats du premier tour ne représenteront pas la volonté du peuple mais bien le fruit d’un calcul paradoxal dans lequel la raison se perd inévitablement.
Avant d’aller plus loin dans cette démonstration en regardant de plus près les hypothèses qui se dessinent , il faut tout de même aborder le contexte dans lequel se déroule ce scrutin, à savoir la situation économique et sociale dans laquelle se trouve la France elle-même, ainsi que celle plus large dans laquelle se trouve l’Europe toute entière. Et prendre en compte quelques éléments en théorie indépendants du scrutin mais qui influencent clairement les résultats :
Les dix épines dans le pied de Sarkozy
Le président-candidat a prévu cette semaine une série de déplacements très ciblés : une fonderie dans la Vienne lundi, une entreprise de BTP dans le Finistère mardi, le Pas-de-Calais mercredi, les Alpes-Maritimes vendredi. Mais à quelques jours du premier tour, plus personne ne semble croire à la victoire dans son camp. En “on”, «tout reste possible», mais en “off”, le pessimisme l'emporte et les ministres songent déjà à se recaser. C'est le résultat d'une campagne qui a accumulé handicaps et cafouillages. Explications.
« Merci Raymond Aubrac » : discours résistants, silence présidentiel
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Mediapart publie les textes des deux discours d’hommage à Raymond Aubrac prononcés, lundi 16 avril, aux Invalides, par Jean-Louis Crémieux-Brilhac et Jacques Vistel. Faisant souffler l’esprit du Conseil national de la Résistance, ils résonnaient comme le désaveu d’une présidence qui en fut la négation. Contraint au silence par la volonté de la famille, Nicolas Sarkozy ne put qu’écouter ces paroles qui, de l’espérance communiste à l’exigence décolonisatrice, lui faisaient en quelque sorte la leçon.
Les honneurs militaires rendus à Raymond Aubrac dans la Cour d’honneur des Invalides ne furent pas aussi populaires que l’avaient souhaité ses proches (lire ici notre hommage au résistant disparu). Effet habituel du présidentialisme français ou conjoncturel des craintes présidentielles, l’entrée fut bloquée pendant une bonne demi-heure au prétexte de l’arrivée de Nicolas Sarkozy, empêchant une masse de gens, de toutes générations, de rejoindre à temps la cérémonie. Comme en témoigne la vidéo ci-dessous, réalisée par Hugo Vitrani, de vieux résistants furent un temps refoulés tout comme l’ont été des compagnons, des amis, des proches, des jeunes et des moins jeunes, des journalistes, etc., tout simplement des personnes qui se sentaient concernées par l’actualité du message légué par la vie d’engagement du disparu.
Les manipulations de la Banque mondiale : La pauvreté a-t-elle diminué dans le monde ?
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Il y a quelques semaines, la Banque mondiale a publié un bref communiqué de presse de six pages, qui a fait couler beaucoup d'encre. La Banque mondiale signalait que, malgré la récession mondiale, la pauvreté extrême avait baissé dans le monde. Le titre du communiqué de presse résumait tout : « De nouvelles estimations révèlent une diminution de la pauvreté extrême pour la période de 2005 à 2010 ».
Il est inutile de dire que les principaux médias d'information du monde occidental, de sensibilité libérale et avides de bonnes nouvelles, ont relayé la dépêche abondamment. Les plus grands quotidiens et hebdomadaires du monde ont publié des articles à la une clamant la bonne nouvelle. Le titre du New York Times était représentatif : « La pauvreté mondiale diminue malgré la récession économique mondiale ». Des titres similaires sont apparus dans les grands médias, et particulièrement dans la presse économique libérale, du Financial Times en passant par The Economist. Ce dernier, avec l'exagération qui le caractérise, a indiqué que « pour la première fois, le nombre de pauvres a diminué dans le monde entier ». Évidement, comme on aurait pu le prévoir, les médias dominants en Espagne ont relayé l'information avec la même allégresse.
mardi 10 avril 2012
Faciès au profil potentiellement similaire
En bonne déontologie journalistique, il serait souhaitable que les correctifs, voire les démentis, soient publiés à la même place, en même taille de caractères et sous la même signature que l'initiale fausse (bonne ou mauvaise) nouvelle...
On sait que c'est bien loin d'être le cas.
Monsieur Christophe Cornevin, qui est, avec son confrère monsieur Jean-Marc Leclerc, l'un des journalistes du Figaro accrédités auprès du ministère de l'Intérieur, annonçait en fanfare, le 4 avril, une "vaste opération anti-islamiste", avec dix interpellations. Il précisait, comme probablement on lui avait demandé de le faire, que cette "opération (...) n'a[vait] pas de lien direct avec l’affaire Mohamed Merah", mais il tenait à ajouter, comme probablement on lui avait demandé de faire :
On sait que c'est bien loin d'être le cas.
Monsieur Christophe Cornevin, qui est, avec son confrère monsieur Jean-Marc Leclerc, l'un des journalistes du Figaro accrédités auprès du ministère de l'Intérieur, annonçait en fanfare, le 4 avril, une "vaste opération anti-islamiste", avec dix interpellations. Il précisait, comme probablement on lui avait demandé de le faire, que cette "opération (...) n'a[vait] pas de lien direct avec l’affaire Mohamed Merah", mais il tenait à ajouter, comme probablement on lui avait demandé de faire :
Les 32 propositions de Sarko : un pompier en règle
Pendant qu'un début d'incendie, vite maîtrisé par les pompiers, stoppait un réacteur à Penly, en Seine-Maritime, Sarko baratinait le Central médiatique avec « Son » programme :
Votez pour moi, vous partagerez vos peines et, par voie d'immunité, j'éviterais les procès qui m'attendent, en cas de non réélection, ce qui serait fort catastrophique pour ma famille et pour moi-même. Soyons solidaires ! Moi avec mes amis de toujours, vous avec les vôtres ! La France est un grand pays où les plus pauvres ont toujours moins de mal à surmonter la misère, tellement qu'ils la subissent, tellement ils en connaissent l'odeur, tellement qu'ils sont habitués à courber le dos pour compter les mites du plancher où les bestioles se reproduisent en bonne consanguinité !
Penser dans les clous
Dans l’enthousiasmante perspective du non-remplacement d’un enseignant sur 2 ; autrement plus fondamental que les cours d’histoire supprimés ou de philosophie, qui ne servent qu’à aiguiser un putain d’esprit critique amenant au politiquement correct, à la bien pensance, dans le cadre d’une pensée unique :
Apprendre à tomber dans le panneau.
Et c’est là d’un coup, que nous prenons conscience de la dimension interplanétaire d’un président visionnaire, embrassant le 21ème siècle, d’un simple coup d’oeil furtif dans le rétro de sa bagnole.
Les droits sociaux, un choix de société
Parce que le droit à la santé, à l’éducation, au travail, à l’alimentation ou au logement sont des droits universels à part entière, nos organisations −associatives et syndicales− réunies au sein de la plateforme pour les droits économiques, sociaux et culturels (plateforme DESC), sont déterminées à les défendre et à les faire respecter. Mis à mal par les politiques économiques qui s’appuient sur la crise, les DESC ont bien souvent fait figure de parent pauvre dans l’histoire des droits de l’Homme, au profit des droits civils et politiques, malgré la Conférence mondiale de Vienne de 1993 qui réaffirmait sans équivoque l’universalité, l’interdépendance et l’indivisibilité de tous les droits. Selon nous, les DESC déterminent la capacité d’une société démocratique à se consolider durablement et devraient donc être renforcés en période de crise. À l’aube d’un nouveau quinquennat, notre constat est qu’à l’inverse, ils ne cessent d’être affaiblis.
L’extrême droite, une nébuleuse multiforme qui s’enracine
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À l’échelle du monde, l’extrême droite prend ses marques et s’enracine au travers d’une nébuleuse multiforme. Ses singularités diffèrent d’un continent à l’autre et reflètent l’histoire et la spécificité des sociétés. Quel que soit son visage, l’extrême droite, presque toujours xénophobe, se nourrit des peurs, des frustrations et des précarités générées et alimentées par la crise. Elle progresse sur des sociétés fragilisées dont les repères et les valeurs sont heurtés. Les gros bataillons ne viennent plus en Europe des groupuscules violents ou paramilitaires et souvent nostalgiques du nazisme qui, tolérés ou non, perdurent encore de façon marginale et folklorique dans la vie politique. Certes, des filiations idéologiques avec cette famille politique peuvent être objectivées pour quelques dirigeants, mais pour l’essentiel le discours, les formes d’action, les milieux influencés se sont tellement modifiés qu’ils inclinent plutôt à penser en termes de ruptures que de continuités.
Les Rroms, persécutés sous Sarkozy, et qu'en sera t-il demain ?
Depuis le sinistre discours de Grenoble du 30 juillet 2010 qui visait expressément les Rroms, et la circulaire du 5 août 2010 dont l'objet portait sur "l'évacuation des campements illicites" et enjoignait les préfets d’engager une "démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux de Rroms", l’Etat français n’a eu de cesse de persécuter les Rroms.
Les Rroms sont des ressortissants européens et l’acharnement que l’Etat français a mené à l’encontre de ces populations est inédit depuis le Gouvernement de Vichy, malgré la mobilisation d’associations comme La Voix des Rroms, RESF ou le GISTI, d’ONG comme Human Right Watch, Amnesty International, de syndicats, de certains organisations ou partis politiques (hélas peu nombreux), ainsi que de citoyennes et citoyens lambda, soucieux de faire respecter les droits inaliénables des Rroms à la dignité, à la liberté de circulation, à l’accès au logement, à l’éducation pour les enfants, aux aides sociales et aux services publics. Au cours de l’été 2010 l’Etat français s’est livré à un démantèlement généralisé des campements de Rroms jugés illégaux à coup de pelleteuses et de gaz lacrymogènes et autres violences (objectif : 300 campements à démanteler sur 3 mois). Situation révoltante et absurde car les maires des communes de plus de 5000 habitants sont tenus d’aménager un emplacement avec accès à l’eau et à l’électricité pour les gens du voyage. Et ce sont les maires qui, dans les faits, n’ont que rarement rempli leurs obligations.
ESPAGNE : Le Ministre Ruiz-Gallardón et la liberté des femmes
Dernièrement le nouveau Ministre de la Justice espagnol, Alberto Ruiz-Gallardón, a affirmé que « la liberté de la maternité est ce qui rend vraiment femmes les femmes ». Par ces propos Gallardón cherche à justifier une initiative législative visant à modifier dans un sens restrictif les lois qui garantissent le droit à l’avortement. Plus précisément, il vise à remplacer l’actuelle loi sur l’avortement, qui autorise l’interruption de grossesse dans des délais déterminés et laisse les femmes libres de décider, par une autre législation basée sur des supposés, c’est-à-dire, des conditions établies par le législateur. De toute évidence, ce retour à une législation qui place à nouveau les femmes sous une tutelle médicale ou légale limiterait leur actuelle possibilité d’interrompre leur grossesse quand elles le décident.
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