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dimanche 29 septembre 2013

Romitude




Un racisme ordinaire s’est infiltré dans notre société. Une des jeunes femmes à mes côtés me dit sur un ton las et résigné : « On a l’habitude. On nous traite souvent comme ça dans la rue. »
Sur un banc d’une rue du quatorzième arrondissement parisien, le matin, à l’heure de l’école vers laquelle de jeunes enfants accompagnés de leurs parents se dirigent. À mes côtés, deux couples et six enfants. Nous sommes l’objet de regards insistants, de haussements d’épaules. Les enfants qui viennent vers nous sont priés d’accélérer le pas. Un homme d’une quarantaine d’années s’arrête devant nous. Il s’adresse à moi : « Tant qu’il y aura des gens comme vous, Madame, on n’est pas prêts de s’en débarrasser. »
Je réagis avec fermeté en signifiant à ce passant que nous occupons l’espace public au même titre que lui. Il s’éloigne en maugréant. Ce « racisme ordinaire », relayé par une politique sécuritaire et discriminatoire et par certains médias, s’est infiltré dans la société civile.

dimanche 9 juin 2013

Sécuriser les parcours des ressortissants étrangers en France



Sécuriser, c'est tenter de rassurer. Rassurer qui? Les étrangers menacés par la dureté de la loi réglant leur séjour? La société française menacée par les étrangers? Premier volet des réformettes de 2013, un meilleur accueil dans les préfectures et l'harmonisation de leur interprétation de la loi.
Selon les services du premier ministre, «le gouvernement a souhaité aborder la question de l'immigration avec un esprit d'apaisement et de responsabilité», évoquant «une volonté du gouvernement de réorienter la politique d'immigration de notre pays en privilégiant la concertation et l'analyse plutôt que les réformes incessantes et finalement inefficaces». Dans le même esprit, le ministre de l'Intérieur a déclaré, en conclusion du débat sans vote au Sénat sur l'immigration professionnelle et étudiante, le 24 avril 2013, préparant une retouche de la loi: «Ce projet de loi ne doit pas être l’occasion d’un grand déballage sur toutes les problématiques d’immigration – parfois, nous aimons bien les « cathédrales législatives » –, qui risquerait de susciter des passions inutiles dans le contexte actuel.»
Ces déclarations, ces éléments de langage, illustrent bien la tartufferie du pouvoir. Regardons ce qu'il en est en réalité.
- Les "réformes incessantes et finalement inefficaces", ce sont les modifications législatives au cours de années 2002-2012, qui ont conduit à une loi gravement inhospitalière et brutale, que le nouveau pouvoir se refuse à remettre en cause en profondeur.
- "Réorienter la politique d'immigration", c'est deux ou trois retouches techniques de cette loi (dont une partie imposée de l'extérieur, par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, le Conseil d'Etat, ou encore par des décisions de l'Union Européenne), et une pléthore de circulaires, qui classent les gens par profil (étudiants, familles, certains travailleurs,...) pour leur faire miroiter une petite porte d'entrée. Or, qui dit circulaire dit impossibilité de recours devant la justice qui, elle, ne connait que la loi.
- Qui est apaisé, dans l'histoire? Peut-être l'opinion ainsi manipulée, mais certainement pas la majorité de nos voisins, ces étrangers toujours sous la menace.

vendredi 3 mai 2013

Migrant, aide toi-même ton pauvre pays: les pays riches sont fauchés




Au lieu de mal payer et mal loger des travailleurs venus de pays pauvres et mal équipés, ne vaudrait-il pas mieux aider au développement de leurs pays, ce qui permettrait, en plus, de ne plus les avoir sous les yeux? Mauvaise idée: les transferts individuels de fonds surpassent très largement les aides publiques au développement.
Mieux encore: avec "la crise", l'aide des pays riches aux pays pauvres diminue, tandis que les transferts de fonds des migrants vers leurs pays respectifs augmentent!
L'OCDE publie chaque année les montants de l'aide publique au développement. Pour 2012, le niveau global des aides a atteint environ 100 milliards d'euros, en baisse de 4% par rapport à 2011 (-1,6% pour la France, avec un peu moins de 10 milliards d'euros), cumulant une baisse globale de 6% depuis 2010, année où l'aide publique au développement a atteint son maximum. La France, avec le Royaume Uni, l'Allemagne et le Japon, reste parmi les quatre plus gros contributeurs, loin derrière les Etats-Unis. Sa place en termes de pourcentage de revenu national brut (0,45%) ne la place qu'en onzième position. Selon l'OCDE, "On observe en outre un redéploiement notable de l'aide des pays les plus pauvres vers les pays à revenu intermédiaire".

samedi 27 avril 2013

On a bien dit "mariage pour tous"?




La "politique de l'immigration" de la France est accrochée au chiffre 30000. Chaque année, 30000 expulsions, 30000 régularisations, et 30000 mariages mixtes envers et contre tout. Trois formes de la souffrance infligée à nos voisins de palier. Si la régularisation répond à des années de galère organisée par une loi très restrictive, le mariage avec un-e étranger-e peut être pour le-la conjoint-e français-e le début d'un cauchemar administratif.
"Mariage mixte"? Wikipedia, reflet de son époque, y perd son latin: mariage transnational, interethnique, interreligieux? Avec le mariage pour tous, on nous annonce même des mariages pas mixtes, au sens intergenre. Pour le mot tout nu, mot sans qualificatif, il reste le mariage à l'ancienne, entre une femme et un homme, sous-entendu français. Si vous ajoutez "mixte", alors l'un des deux est étranger, l'autre français. Et la loi sur le séjour des étrangers s'ingénie à compliquer la vie de tels couples, allant même jusqu'à la pourrir dans certains cas.

mercredi 6 février 2013

Sangatte, sans bottes et sans manteau




Il faut continuer à parler des migrants qui bivouaquent ou squattent comme ils peuvent aux alentours de Calais. Ils sont toujours là, guettant les départs de camions vers l'Angleterre - malgré tous les contrôles déployés certains arrivent encore à passer. L'aide à la survie - manger, s'abriter, communiquer - que leur apportent volontaires et organisations est toujours aussi difficile.

Les arrivants sont de plus en plus jeunes. Et puis, il y a ceux qui abandonnent l'idée de la traversée et demandent l'asile à la France, auxquels la protection due aux demandeurs d'asile fait défaut. Ils sont originaires de pays en guerre, tels que l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Irak, le Soudan et l'Iran.

Les abris se font rares: les locaux un peu spacieux susceptibles d'être squattés sont condamnés les uns après les autres.

Il y a deux distributions de nourriture par jour, un vestiaire une semaine sur deux. Les lieux autorisés pour la distribution de nourriture sont situés de sorte à rendre invisibles ces visiteurs indésirables.

Les bénévoles ne sont plus très jeunes, et il y a peu de relève. Mais les différentes organisation impliquées se réorganisent pour maintenir un accès aux services de base - dont internet, essentiel pour maintenir des liens.

dimanche 3 février 2013

Si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé…



Si la France est en faillite, comme nous l’affirmait hier le désopilant François Fillon et nous le dit aujourd’hui l’impayable Michel Sapin avant de se dédire, et comme naturellement finit par s’en convaincre 63% des français à force de se l’entendre marteler dans cette fabrication du consentement autrement nommé propagande, alors, est ce bien raisonnable de balancer 50 millions d’euros en trois semaines, soit plus de deux millions par jour, dans une guerre qui pourrait bien s’ensabler du côté du Mali ?
Pour paraphraser le tout convalescent Chavez, qui déclarait que si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé, on pourrait rajouter que si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé.
Il se trouve qu’il en va de notre armée comme du reste de la société. Un bataillon de généraux et d’officiers grassement payés, représentant plus du double des soldats dont dispose le ministère, tandis que le prolétariat de la gâchette attend sa solde avec un an de retard dans certains cas.

vendredi 25 janvier 2013

Petit manuel de politique de l'immigration




A en croire le ministre de l'intérieur, une politique de l'immigration ferme et respectueuse des personnes peut être résumée en une phrase: "il y aura des reconduites à la frontières, et elles seront nombreuses".
Le 20 janvier 2013, le ministre de l'intérieur était interrogé sur Canal+ sur ce qu'il est convenu de nommer la politique de l'immigration. L'entretien était introduit par un reportage qui détaillait sans complaisance les leurres et lacunes de la circulaire de régularisation du 28 novembre 2012, insistant sur l'étroitesse des conditions de régularisation des travailleurs: on leur impose de présenter des fiches de paie alors qu'officiellement ils n'ont pas le droit de travailler.
Premier commentaire du ministre à l'issue de la projection: "Cette circulaire ne doit pas amener un afflux de régularisations supplémentaires". Puis l'entretien commence. Extraits.
Question. Pas question de régulariser des salariés qui n'auraient travaillé qu'au noir?
Le ministre. Non, ce n'est pas le cas. Dans la circulaire, ces cas sont heu évidemment traités, ils ont fait l'objet d'une très longue discussion entre d'une part le ministère de l'intérieur et celui du travail...

lundi 14 janvier 2013

Respect du droit ou respect des étrangers, il faut choisir


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Selon un communiqué du PS du 23 novembre 2012, "l’action du gouvernement s’inscrit dans un souci de respect des droits des étrangers et du respect du droit". Le souci, justement, c'est que la loi qui régit la vie des étrangers en France - le droit, donc - considère comme peu de chose leurs droits humains fondamentaux. Après sept mois de cet impossible double respect, où en est-on?
Le Réseau Education Sans Frontières (RESF) est né du besoin de protection des enfants des écoles et des adolescents des lycées lorsque leur nationalité étrangère les met en péril. Il est actif un peu partout en France autour d'eux. Il a entrepris de dresser la liste des urgences graves dont il a eu connaissance et contre lesquelles il s'est mobilisé et a su mobiliser, souvent avec succès, depuis mai 2012. La liste est interminable de ces situations humaines brisées par ledit "respect de la loi". Nous en donnons les résumés. Le détail est sur le site.

JANVIER 2013
14 janvier, Saint-Brieuc (22). Zviad Suladze, Géorgien, a refait sa vie en France depuis huit ans, deux enfants ici (16 ans et 21 mois)Expulsion programmée pour le 14 janvier. RESF 22 et RESF 35 appellent à un rassemblement devant le CRA de Rennes lundi 14 janvier à 12h30 pour demander la libération de Zviad Suladze, ainsi que celle de Clara K, une demandeuse d'asile congolaise du Nord Kivu, mariée à un réfugié angolais, dont l'expulsion est prévue le 15 janvier.

samedi 12 janvier 2013

Ces pelés, ces galeux qui ne savent pas parler au préfet




Mercredi 9 janvier 2013, au 68ème jour de leur grève de la faim, les lillois étrangers ont à nouveau rencontré le préfet du Nord. Ils ont cru qu'il allait enfin proposer un calendrier d'examen de leurs demandes de titres de séjour. Raté: les formes administratives ne sont pas les bonnes...
"Un mal qui répand la terreur,Mal que le Ciel en sa fureurInventa pour punir les crimes de la terre,La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,Faisait aux animaux la guerre. (...)

dimanche 6 janvier 2013

FAUT-IL MOURIR POUR AVOIR DES PAPIERS ?





Excusez les majuscules, mais comment ne pas CRIER quand les autorités - municipales, hospitalières, religieuses, préfectorales, gouvernementales - ne peuvent pas entendre qu'il n'est plus question d'ordre public ni de traitement administratif légaliste pour ces travailleurs étrangers à leur 66ème jour de grève de la faim?
Les appels en direction du pouvoir se multiplient, en vain. La visibilité médiatique reste très modeste, alors qu'ils sont encore une quarantaine en grève de la faim, selon La Voix du Nord. Ils ont commencé à plus de cent, ils persistent depuis le 2 novembre 2012.
Une infirmière membre du MRAP leur a rendu visite le 1er janvier 2013. Elle a l'habitude des grèves de la faim. Elle est revenue attérrée de ce qu'elle a constaté.

dimanche 30 décembre 2012

59 jours à l'eau, au thé et au sucre



Perdre 20 kilos, tous ensemble depuis bientôt deux mois, être refoulés, refoulées d'églises en hôpitaux, aujourd'hui sous des tentes dans la rue, tout cela pour obtenir le droit de vivre et travailler au pays d'ici, ce qu'ils font depuis des années. Les maigres avancées obtenues par les étrangers grévistes de la faim de Lille dévoilent la pauvreté des réponses légales à leur dynamisme.

Suite des évènements relatés dans un billet précédent: la grève la faim de membres du Comité des Sans Papiers 59 (CSP59) continue. Ils ont cherché refuge dans une église de Lille, dont ils ont été de nouveau délogés, avec au passage l'interpellation de deux d'entre eux, mis en centre de rétention. Leur expulsion du territoire a été annoncée pour les derniers jours de décembre. Un tract d'alerte aux passagers de leur vol a été préparé.

Le 22 décembre 2012, le CSP59 reprend la parole. "Les sans papiers grévistes de la faim sont installés sur le parvis sous des tentes subissant un déluge d’eau et de froid. LA MAIRIE DE LILLE DOIT METTRE A LEUR DISPOSITION DES TOILETTES afin que les sans papiers grévistes de la faim puissent satisfaire des besoins naturels. Un grand merci aux petits commerçants de la rue de Paris qui leur permettent d’aller au wc, vous faites partie de cette France QUE NOUS AIMONS, CELLE DE LA FRATERNITE DE TOUS LES HUMAINS ET DU VIVRE ENSEMBLE DANS L’EGALITE DES DROITS."

samedi 29 décembre 2012

Retour vers l'exil et le danger de mort



Ahmed avait 15 ans quand ses parents l'ont éloigné du Pakistan pour lui sauver la vie. Ils ont sans doute été assassinés par la suite. Depuis huit ans en France, malgré l'abandon où il était, il a appris un métier, il s'est reconstruit une vie. Pourtant, enfermé à Vincennes, il risque l'expulsion d'un jour à l'autre.

Après d'autres, nous vous avons déjà raconté son histoire. "Nous avons écouté le récit bouleversant de sa vie : son départ en catastrophe du Pakistan, son arrivée en 2004 dans un pays qu'il ne connaît pas (où le passeur qui l'accompagnait l'a laissé seul sur le trottoir, en partant avec son passeport et ses bagages...) son errance à 15 ans alors qu'il a perdu tous ses repères... sa prise en charge par l'ASE et le début d'un parcours d'intégration réussi qu'attestent ces bulletins scolaires flatteurs qu'il est heureux de nous montrer, une promesse d'embauche dans la plomberie qui lui a permis de demander un titre de séjour avec autorisation de travail, qu'il n'a pas obtenu... "

dimanche 16 décembre 2012

La haine du pauvre est bien vivace




A l'annonce des mesurettes «socialistes» sur le RSA et contre la pauvreté, la fRance profonde s'en est donné à cœur joie sur internet.


Partout, en commentaires d'articles des principaux sites d'information survolant le contenu du pitoyable "plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté" de Jean-Marc Ayrault, on trouvait des réactions pleines d'ignorance, de bêtise et de haine. Florilège.

«encore des mesures qui n encouragent personne à travailler!!! assistanat encore et toujours!!!»

«tout à fait d'accord avec vous..............outrée de voir que s'est toujours les memes mais toujours qui en profitent sur notre dos et encore je mache mes mots!!!!!!»

"Tuez-les tous, ça ira plus vite" (bis)



Une centaine d'étrangers sans papiers sont en grève de la faim depuis 44 jours pour tenter de sortir du blocage provoqué par la fin de non recevoir opposée par le préfet à leur demande de régularisation. Une grève de la faim presque invisible, un dialogue de sourds sans fin. Cela se passe à Lille, l'une des grandes métropoles françaises.
Notre voisin blogueur philippe alain ne nous tiendra pas rigueur de reprendre un titre de billet que lui inspira la crise d'évacuation de camps de Roms à partir de l'été 2012.
Bien des étrangers sont venus pour travailler, envoyés par leur famille ou leur village gagner ici de quoi les faire vivre là-bas. La loi est ainsi faite qu’il faut être ici depuis dix ans (et le prouver) pour avoir une chance d’obtenir un titre de séjour. Dix ans d’insécurité, de précarité extrême et d'exploitation au travail, c’est long. D’où les collectifs qui se regroupent autour d’un slogan logique dans sa radicalité : "Régularisation de tous les sans-papiers" (Tiens, un alexandrin ! Au pays de Racine et Hugo…). Ils lancent des actions spectaculaires, telle l’occupation de la Bourse du travail à Paris en 2009, créant parfois incompréhension et malaise chez les associations "amies" et les syndicats. Et ils tentent de négocier les régularisations directement avec le préfet.

mardi 11 décembre 2012

Étrangers en rétention: Valls veut sanctionner les associations trop bavardes





Des moyens en baisse et des sanctions à l’égard des associations trop bavardes… ou trop critiques. Le ministère de l’intérieur vient de publier le nouvel appel d’offres organisant la présence des associations de défense des droits des étrangers dans les centres de rétention administrative (CRA), où sont enfermés les sans-papiers en instance d’expulsion. Paru au Bulletin officiel des annonces des marchés publics du 8 décembre 2012, ce texte négociable, d’après son statut, n’est connu dans son détail que par les structures candidates. Mediapart a pu y avoir accès dans son intégralité.

Dans trois documents distincts, d’une dizaine à une vingtaine de pages chacun, l’État liste les conditions applicables à l’intervention juridique des associations auprès des sans-papiers dans ce lieu de privation de liberté. Cet accompagnement est déterminant puisqu’il constitue souvent l’unique recours des 51 000 personnes “retenues” chaque année en France métropolitaine et en outre-mer, avant leur possible renvoi du territoire.

mardi 27 novembre 2012

Ami, entends-tu / les cris de / l'étranger / qu'on malmène?



Enfermés par la police qui veut les garder sous la main pour organiser leur expulsion, brusquement bannis de la vie normale qu'ils avaient cru pouvoir vivre, malgré le non consentement de l'Etat à leur présence, ils ont été plus de cinquante mille à subir la rétention administrative en 2011 - et sans doute autant en 2012.

Selon l'AFP (21 novembre 2012), "sept étrangers en situation irrégulière se sont évadés dans la nuit de mardi à mercredi du centre de rétention administrative (CRA) du bois de Vincennes, à Paris. (...) Ces immigrés, dont la nationalité, l'âge et le sexe n'ont pas été précisés, sont parvenus à forcer une porte arrière du CRA moins surveillée que d'autres". Ces sept personnes ont fui la promesse d'expulsion qui motivait leur enfermement. Elles sont forcément identifiées par la police. Si elles sont reprises, ce sera le passage en correctionnelle, une condamnation à la prison et, à la sortie, encore l'expulsion - c'est la double peine.

La CAF, une machine à broyer usagers et salariés


Partout en France, l’accueil des usagers des caisses d’allocations familiales est aussi déplorable que les conditions de travail de ses agents. Politique du chiffre, réductions d’effectifs, impuissance face à l’augmentation de la pauvreté : les salariés se sentent dépossédés du sens même de leur travail. Le malaise et la souffrance se répandent des deux côtés du guichet.


Une file d’attente, des vigiles en guise de comité d’accueil. «Ça devient vraiment n’importe quoi», lâche une femme en arrivant ce 19 novembre devant la CAF du 13e arrondissement de Paris. Devant elle, une soixantaine de personnes piétinent sur le trottoir. Découragés d’avance, certains font demi-tour. «Je suis venue ce matin à l’ouverture, c’était pareil, soupire une allocataire venue retenter sa chance pendant sa pause déjeuner. Encore foutu, il faut que je retourne bosser». La semaine dernière, elle avait trouvé porte close. «Ils ont fermé une semaine, sans prévenir. Comment fait-on dans ce cas-là pour faire nos démarches ?» Par téléphone, c’est payant et ils sont injoignables, expliquent les allocataires. «Et puis sur Internet, le service est très limité. A part télécharger un justificatif de base, vous n’avez accès à rien.»

dimanche 18 novembre 2012

Davantage de logements sociaux, mais moins accessibles



En dix ans, le parc social s’est enrichi de près de 450 000 logements en France. Mais les nouveaux logements proposés sont moins accessibles pour les ménages à faibles ressources car les plafonds de revenus pour y accéder et les loyers pratiqués sont plus élevés. Par Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités.


Au 1er janvier 2012, la France comptait 4,5 millions de logements sociaux, soit 15 % des résidences principales. Depuis 2002, le parc social s’est enrichi de 446 000 logements. Le financement de nouveaux logements sociaux a atteint un niveau record de 130 000 habitations en 2010, du jamais vu depuis 30 ans. L’évolution est restée soutenue en 2011 avec plus de 116 000 nouveaux logements financés. Mais ces nouveaux logements sont souvent destinés à des ménages plus aisés.

jeudi 15 novembre 2012

Merci au peuple grec pour sa résistance et espérons que Syriza ne le déçoive pas



Dans cette interview donnée à Syriza dans le cadre du festival de la jeunesse qui a eu lieu les 6-7 octobre 2012 à Athènes, Eric Toussaint explique en quoi, selon lui, la coalition de gauche radicale Syriza peut représenter un espoir pour toute la gauche européenne.




 Voir aussi « Le peuple grec se trouve aujourd’hui à l’épicentre de la crise du capitalisme » et la vidéo