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lundi 8 octobre 2012

Déclaration de Manolis Glezos à l’occasion de la visite en Grèce de la Chancelière Allemande Angela Merkel


Μανώλης Γλέζος
photo

A l’occasion de la visite de la Chancelière Allemande en Grèce nous considérons notre devoir de rappeler tant à elle qu’au Premier Ministre Grec que :

1. La grande et puissante Allemagne n’a pas le droit de se dispenser de ses devoirs, privant ainsi la Grèce de son dû sur la base du Droit Internationale, tandis qu’il n’est pas aussi permis que la Grèce abdique de ses droits.

2. Les violations du Droit International et des principes humaines de l’honneur et de la morale portent en eux le danger de voir se répéter des phénomènes qui ont mis à feu et a sang l’Europe. La reconnaissance des crimes nazis constitue une garantie élémentaire que de tels monstruosités ne se répètent pas dans l’avenir.

lundi 17 septembre 2012

Sabra et Chatila, il y a trente ans




Sabra et Chatila, il y a trente ans (1)



Le chef des catholiques, Benoît XVI, vient d’arriver à Beyrouth. Quand il a quitté l’aéroport, pour se rendre dans la capitale du Liban, il a emprunté la route parcourue, il y a tout juste trente ans, par un convoi de véhicules fournis par l’armée israélienne transportant des miliciens chrétiens membres des Phalanges libanaises. Comme eux, il a traversé le rond-point de l’ambassade du Koweit où se trouvait, juste à côté, un immeuble de 7 étages au sommet duquel l’armée israélienne, qui encercle les camps de Sabra et Chatila voisins, avait installé son quartier général. Comme eux, il a longé la cité sportive sous laquelle sont ensevelis des centaines de corps de Palestiniens.

mardi 3 avril 2012

Solidarités anti-colonialistes et anti-fascistes



Sarkozy, pourtant très "mémoriel" dans d’autres domaines, refuse de commémorer le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Cela ressemble plus à une bouderie d’enfant gâté qu’à l’attitude d’un chef de l’Etat français, qui devrait avoir à coeur de resserrer les liens avec un partenaire commercial, et partenaire en francophonie, aussi important que l’Algérie. Il enfonce ainsi les catégories de Français qu’il prétend protéger dans le déni et la rancoeur et donne raison à Alexis Jenni qui, dans L’Art français de la guerre, montrait déjà que la France est "le pays pour qui la guerre d’Algérie n’a pas eu lieu", et que ce refoulement pourrit l’atmosphère du pays : il empêche des relations normales avec les Français d’origine maghrébine, et, plus largement, musulmane, et enlise le pays dans la spirale de la peur, de la haine et de la violence (plus souvent policière que terroriste).

vendredi 23 mars 2012

Que les Allemands paient d’abord: relevé des dettes de guerre allemandes envers la Grèce



« Que les Allemands paient d’abord leurs dettes de guerre à la Grèce avant d’exiger quoi que ce soit de nous. » Une demande qui se fait de plus en plus entendre en Grèce - et elle est justifiée.


Au début des années 40 les nazis ont imposé à la Grèce occupée une énorme contribution financière pour financer l’occupation allemande ainsi que ses objectifs stratégiques et militaires dans les Balkans, la zone méditerranéenne et la Libye. En outre la production vivrière grecque a été affectée au ravitaillement des troupes allemandes sur le front libyen.

Les Allemands avaient jeté leur dévolu sur le pétrole libyen et proche-oriental ainsi que les minerais des Balkans: ces derniers couvraient 20% des besoins de l’industrie de l’armement en antimoine, 50% de ses besoins en pétrole, 60% de la bauxite et la totalité du nickel. Parallèlement la Grèce était la seule zone à partir de laquelle les Alliés pouvaient contrer les Allemands dans l’espace balkanique.

dimanche 11 mars 2012

Les leçons non retenues de l’Histoire



Il est bien sûr toujours dangereux de faire des comparaisons historiques car il n’existe pas, dans l’Histoire, deux situations identiques,… et l’Histoire ne se répète pas.

Cela ne doit pas nous empêcher de tirer un certain nombre de leçons sur des attitudes, des réflexes, des réactions prévisibles à des mécanismes, des évènements, même s’ils ne sont pas identiques mais qui déclenchent à peu près les mêmes réactions à toutes les époques.

jeudi 9 février 2012

Le 8 février 1962, métro Charonne : la police tue des manifestants anti-OAS



Paris, février 1962. La perspective d’une fin de la guerre d’Algérie semble s’être éloignée depuis la suspension des pourparlers de paix, le 28 juillet 1961, entre le GPRA. (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne) et le gouvernement français. Cependant, dans les arcanes du pouvoir, tout le monde s’accorde à dire que la seule issue possible est l’indépendance de l’Algérie. S’accrochant désespérément à leur rêve d’une Algérie française, les fascistes de l’OAS. (Organisation Armée Secrète), multiplient les attentats en Algérie et en Métropole. Cette stratégie de la terreur vise à mettre la pression sur le gouvernement français, qui se dit de plus en plus favorable à de nouvelles négociations avec le GPRA.

Face à ce « péril brun », les milieux de gauche se mobilisent autour du Comité Audin (Comité d’intellectuels luttant pour faire la lumière sur la disparition de Maurice Audin, militant du Parti Communiste Algérien), du PCF, de l’UNEF, et du PSU. Dans les universités, des journées de grève sont organisées avec succès, ce qui pousse de Gaulle à déclarer : « Le peuple n’a pas à se préoccuper du problème de l’OAS ; c’est aux forces de l’ordre d’agir ». Cependant, les forces de l’ordre ne sont pas aussi zélées dans leur lutte contre le terrorisme de l’OAS que dans la répression des sympathisants de la cause algérienne. Le 7 février 1962, dix attentats sont commis, à Paris, par l’OAS. Les cibles sont des universitaires, des élus du PCF, des officiers, des journalistes ainsi que le Ministre de la Culture, André Malraux. La bombe qui visait ce dernier blesse grièvement une enfant de quatre ans, Delphine Renard, qui perdra un œil et sera défigurée.

Cette vague d’attentats pousse la gauche à organiser un rassemblement, le 8 février 1962, place de la Bastille à Paris. Or, suite à l’état d’urgence décrété le 21 avril 1961, un arrêté préfectoral interdit toute manifestation sur la voie publique. Cependant, selon certains historiens (dont le Professeur Brunet), le préfet de Paris de l’époque, Maurice Papon, avait envisagé de tolérer la manifestation du 8 février. C’est le Général de Gaulle lui-même qui se serait opposé à ce que le rassemblement ait lieu, après l’avoir qualifié de « communiste », ce qui, dans sa bouche, signifiait clairement « subversif », voire « dangereux ». De plus, l’interdiction de cette manifestation flattait l’aile droite de ses partisans, en montrant que de Gaulle ne jouait pas le jeu des communistes dans la solution du conflit algérien.

Le jour de la manifestation, les consignes sont claires : il ne faut tolérer aucun rassemblement et « faire preuve d’énergie » dans la dispersion des manifestants. Cette « énergie », les policiers dépêchés sur place vont la fournir de façon dramatique. Le quadrillage de la manifestation est parfait ; c’est en direction d’une véritable toile d’araignée policière que se dirigent les manifestants, à partir de 18h00. 2845 CRS, gendarmes mobiles et policiers sont organisés en cinq divisions entourant le quartier de la Bastille, de la gare de Lyon aux métros Filles du Calvaire et Saint Ambroise, et de la rue Saint Antoine au boulevard Voltaire.

Côté manifestants, on souhaite un rassemblement pacifique ; un communiqué radio précise, le 8 février, que « les manifestants sont invités à observer le plus grand calme ». En outre, les organisateurs prennent la décision de ne pas défiler, estimant que la police ne chargerait pas un rassemblement statique.

A l’heure du rassemblement, les manifestants se heurtent aux forces de l’ordre. Certains sont reflués sur la rive gauche, alors que, sur la rive droite, la tension monte peu à peu. En effet, quelques affrontements se déclenchent boulevard Beaumarchais. La réponse policière est terrible. On matraque des manifestants, des passants, les hommes, les femmes et personnes âgées, jusque dans les cafés et les stations de métro. L’acharnement est tellement aveugle que même des policiers en civil seront blessés.

Mais c’est boulevard Voltaire et rue de Charonne que la répression est la plus violente. Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre, commandées par le Commissaire Yser, chargent le cortège. En effet, sur ordre de la salle de commandement, c’est-à-dire du Préfet Papon, il faut « disperser énergiquement » les manifestants. Les policiers chargent avec une telle brutalité et de façon si soudaine, qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.

Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, qu’ils frappent à la tête. Puis, c’est au tour des manifestants qui, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression fut de huit morts, dont un manifestant de quinze ans. Sept d’entre eux sont morts par étouffement, un des suites de blessures à la tête. Tous étaient communistes.

Au lendemain du drame, la presse, de façon unanime, stigmatise la responsabilité des forces de l’ordre. Le Ministre de l’Intérieur, Roger Frey, rejette quant à lui toute la responsabilité sur le Parti Communiste, qu’il accuse d’avoir tenu la manifestation malgré l’interdiction officielle. Au passage, le ministre assimile les manifestants aux fascistes de l’OAS, car ce sont là, explique-t-il, « deux ennemis de l’intérieur ». De son côté, la population française est largement choquée par ce déchaînement de répression : entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes.

Cet épisode de la vie politique française témoigne une fois de plus de l’amnésie historique de l’État français, sur certains sujets. Pendant des années, le drame du 8 février 1962 sera relégué aux oubliettes de l’histoire officielle. Il faudra attendre quatre décennies pour voir la réouverture des dossiers sur la guerre d’Algérie, le début d’une prudente autocritique de la part de l’État, et pour que la lumière commence à se faire sur les événements qui ont coûté la vie aux huit victimes de cette terrible journée.

mardi 7 février 2012

Et si l’extrême-droite devenait le premier parti de France ? L’aliénation totalitaire monte…



Voici le paysage barbare qui s’organise : Avril 2012 et le néofascisme qui s’installe. Le Front National et ses alliés devançant Hollande, Sarko, Mélenchon et Bayrou. L’extrême-droite ramassant le tiers des votants. Alors partout pointe l’inévitable culpabilisation de tous les autres, et des abstentionnistes en particulier qui deviennent la cible préférée des prétendus démocrates. Une mauvaise blague ? Non, la sous-évaluation chronique des votes fachos dans les sondages pourrait bien masquer cet avancement du folklore oligarchique actuel : le Front National, premier parti de France.


La tentation nationaliste



Voici revenu le temps des nationalismes… ce temps que l’on aurait pu croire révolu,… à une époque de mondialisation généralisée, de brassages de populations, d’échanges internationaux, de « réduction des distances » et de l’explosion de la communication.

Ce phénomène terrifiant, qui a mis le monde à feu et à sang, deux fois au 20e siècle, refait son apparition.

vendredi 3 février 2012

Génocide des Tutsi du Rwanda : Revirement dans l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 - Le mensonge ne paie plus



En attribuant la probable responsabilité de l’attentat du 6 avril 1994 à des extrémistes hutu, les juges Trévidic et Poux décrédibilisent définitivement le travail du juge Bruguière. Les militaires, dirigeants politiques, journalistes et « experts » aux ordres qui se sont dissimulés derrière les conclusions biaisées d’une enquête menée à charge contre le FPR pour minorer le rôle de la France dans le génocide au Rwanda voient leur stratégie s’effondrer.

Lors de leur rencontre avec les parties civiles mardi 10 janvier 2012, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux ont fait part d’une réorientation complète de l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 qui donna le signal de départ du génocide des Tutsi au Rwanda. Cet attentat reste aujourd’hui encore un événement largement mystérieux, et l’on ne peut que se réjouir du sérieux et de l’impartialité de l’instruction des deux magistrats qui donne l’occasion à Survie de remettre les pendules à l’heure sur un certain nombre de points.

2012 : « Abstention, piège à cons ! »



Le titre est la paraphrase d’un slogan de 1968 écrit partout à l’époque et qui était « Elections, piège à cons ! »

Ce titre est évidemment volontairement provocateur, en particulier à cause de l’utilisation du mot « cons »… Personne n’aime à être traité de la sorte, même par le président de son pays.

Les auteurs du slogan de Mai 68 avaient bien décelé le piège qui consistait à faire semblant d’opposer une vraie droite à une vraie-fausse gauche, représentée par les candidats qui se disaient « socialistes ». Il s’agissait alors de convaincre essentiellement la population Française, pleine d’espoirs, de ne pas jouer ce triste jeu…

Le dispositif sur le secret défense n’est pas constitutionnel

 ...lui non plus !!!


Le juge d’instruction, Marc Trévidic vient de publié un ouvrage où il dénonce notamment les limites démocratiques, lorsque les parlementaires, de même que les juges, n’exercent pas leur rôle de contre-pouvoir, dans le cadre de la séparation entre le pouvoir exécutif d’un côté et le pouvoir législatif et judiciaire de l’autre. Ce qui engendre des dérives inexorables, en particulier avec l’argument du « secret défense » et de la « raison d’Etat » utilisé par l’exécutif (gouvernement, service secret, armée...) [1].

Crimes ordinaires de l’État français


« Mon cœur abrite toute la tristesse d’une vie entièreMais si j’me laisse faire , c’est un aller direct au cimetière »
MANU KEY, Karl et Yezy L’Escroc : « Dans nos têtes et dans nos coeurs »

Ali Ziri 69 ans, Mohamed Boukrourou 41 ans, Abou Bakari Tandia 38ans, Pascal Taïs 32 ans, Abdelkarim Aouad 30 ans, Wissam El-Yamni, 30 ans, Mohammed Saoud 26 ans, Abdelilah El Jabri 25 ans, Malik Oussekin 22 ans, Hakim Ajimi 22 ans, Zied et Bouna 17 et 15 ans … La liste des hommes morts dans les commissariats, ou lors des interpellations policières est longue, trop longue. Et il ne s’agit là que de quelques noms des victimes connues et répertoriées. D’autres morts viendront, hélas s’ajouter à cette interminable liste macabre. Car la police n’est qu’un instrument parmi tant d’autres que la bourgeoisie utilise pour asseoir sa domination de classe. L’ordre bourgeois, défendu par les forces de l’ordre, a constamment besoin pour se maintenir d’inventer des boucs émissaires. Chaque période, chaque crise produit ses propres victimes. Aujourd’hui en France, les enfants et les petits-enfants des travailleurs immigrés parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles sont l’une des cibles privilégiées de la classe dirigeante, ce qui lui permet de mieux masquer son désastre économique, social et politique.

mercredi 1 février 2012

Lois mémorielles : et les harkis ?



Saïd Benaisse Boualam, dit "Bachaga Boualam" (haut dignitaire Boualam) est un de ces arabes qui firent la France, n'en déplaise à certains qui ne songent qu'aux racines chrétiennes de notre pays, et à une identité nationale qu'ils imaginent immaculée, en préférant oublier ses épisodes honteux.

Le Bachaga Boualam, commandant de la harka de l'Ouarsenis (entre Oran et Alger) était le chef des 24 tribus arabes des beni-boudouane, en Algérie.
Plus Français que certains, ce colonel de l'armée Française, grand officier de la Légion d'honneur, élu député d'Orléansville, fut vice-président de l'Assemblée Nationale de 1958 à 1962.

mardi 31 janvier 2012

Metz, 1961: enquête sur une ratonnade




Que s'est-il passé à Metz, dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961, en pleine guerre d'Algérie ? Une fusillade dans le dancing Trianon fréquenté par les paras, une expédition punitive immédiate, et officiellement deux morts. Mais encore beaucoup de zones d'ombre et d'épais silences. En six étapes, ce webdocumentaire de Jean-Baptiste Allemand raconte les affrontements et leurs conséquences à l'aide de rares témoignages sonores et vidéo.

dimanche 29 janvier 2012

Le génie de Chavez


Le président Chávez a fait rapport devant le parlement vénézuélien de l’action de son gouvernement en 2011 et de son programme pour l’année en cours. Après avoir rempli rigoureusement toutes les formalités qu’implique cet important exercice, il s’est adressé aux autorités officielles de l’État, aux parlementaires de tous les partis, aux sympathisants et aux adversaires dans le cadre de la cérémonie la plus solennelle du pays.

À son habitude, le leader bolivarien a été aimable et respectueux envers toutes les personnes présentes. Si l’une d’entre elles demandait la parole pour un éclaircissement, il lui en offrait aussitôt la possibilité. Quand une parlementaire, qui l’avait salué aimablement à l’instar d’autres adversaires, a demandé la parole, il a interrompu son rapport et la lui a cédée en un geste d’une grande hauteur politique. Elle a alors interpellé le président en des phrases d’une dureté extrême qui ont mis sa noblesse et son sang-froid à l’épreuve, utilisant même le qualificatif insultant de « voleur » pour juger sa conduite à cause des lois et des mesures qu’il a adoptées. Il s’agissait sans conteste d’une offense, même si ce n’était pas là l’intention de la parlementaire. Néanmoins, il a été capable de répondre avec sérénité. Après s’être enquis du terme exact qu’elle avait employé, il a répliqué élégamment et posément à sa demande d’un débat public par un dicton : « L’aigle n’attrape pas les mouches », puis il a poursuivi sereinement son exposé.

vendredi 30 décembre 2011

« La France a une attitude schizophrénique »



Mohamed El Korso regrette le peu d’enthousiasme que suscitent les questions liées à l’histoire de la part de notre classe politique.

L’historien et ancien président de l’association du 8 Mai 1945, Mohamed El Korso, ne mâche pas ses mots. Pour lui, il est indéniable que le mot « génocide » s’applique parfaitement aux crimes coloniaux perpétrés par la France en Algérie. Joint hier par téléphone, il a réagi à la polémique qui fait rage entre Paris et Ankara en abondant dans le sens d’Erdogan : « Quand vous avez un colonel de la colonisation qui dit, je coupe les têtes, il ne parle pas de couper des têtes d’artichauts, mais celles des Algériens. L’intention de liquider par le sabre et le fusil est réelle et non fictive. Les enfumades et les emmurements qui ont décimé des tribus entières, comment qualifier cela ? », martèle-t-il, avant de lancer : « Le colonel Montagnac disait : tuez tous les hommes jusqu’à l’âge de 15 ans. Est-ce que ça, ce n’est pas un génocide ? Les Cavaignac, Bugeaud, Pélissier ne sont pas venus en villégiature. Ils sont venus liquider tout un peuple et ils ne pouvaient prendre la place de ce qu’ils appelaient ‘les autochtones’ sans commettre de génocide. »

samedi 17 décembre 2011

Guerre d'Algérie: les fiches secrètes des RG sur le FLN



Mediapart publie aujourd'hui des documents inédits sur la guerre d'Algérie. Il s'agit de plusieurs notes de synthèse de la Sûreté nationale (SN, dont faisaient partie les Renseignements généraux), qui ont été rédigées au long de l'année charnière 1961. Ces notes ont, à l'époque, été adressées au ministre de l'intérieur, Roger Frey (qui avait succédé à Pierre Chatenet à partir du mois d'avril), au premier ministre, Michel Debré, et au président de la République, Charles de Gaulle.

Jamais publiés jusqu'ici, ces documents proviennent de vieux dossiers longtemps restés sous clef au ministère de l'intérieur. Confiés, dans un premier temps, à l'historien Benjamin Stora au début des années 1980, ils ont été redécouverts récemment dans les archives de ce dernier par le journaliste Laurent Chabrun. Notre confrère vient de publier un ouvrage sur la lutte des services de renseignement français contre le FLN (La Guerre de l'ombre, Jacob-Duvernet).

vendredi 2 décembre 2011

« Susciter l’homme de la liberté contre l’homme du destin »

Discours du président Thomas Sankara du 4 août 1985


Ce discours n’existait que sous forme de fichier audio. Il était donc resté jusqu’ici inédit et n’avait donc pas été publié. La retranscription a été réalisée par Ulysse Perez. Qu’il soit ici remercié. La rédaction du site 


Camarades de la Révolution démocratique et populaire,

Avant toute chose, je voudrais de¬mander à chacun de nous d’observer une minute de silence, minute de silence en hommage, à la mémoire de nos chers disparus, tous ceux qui, connus ou inconnus, ont payé de leur sang pour qu’aujourd’hui nous puissions fêter l’An Il de la RDP.
Je vous remercie.

jeudi 10 novembre 2011

14-18 : Hommage aux mutins et fusillés « pour l'exemple »


Les mutineries de la Première guerre mondiale, avec ses révoltes, ses refus d'obéissance et ses actes d'indiscipline, restent encore mal connues.

Pourtant, de la fin avril à la fin de l'été 1917, les soldats d'une centaine d'unités, représentant plusieurs dizaines de milliers d'hommes, ont refusé de continuer la guerre et d'aller aux tranchées.

lundi 7 novembre 2011

Novembre 1917 : les journées qui ébranlèrent le monde



En février, la révolution commençait. Mais la majorité de ses acteurs, au tout début, n’en avait pas pleinement conscience, ou plutôt, n’avait pas pleinement conscience des tâches qu’il lui faudrait accomplir.

Bien peu nombreux, en effet, étaient ceux qui, dans cette Russie embourbée dans une guerre meurtrière depuis près de trois ans, pensaient que les manifestations organisées à l’occasion de la Journée internationale des Femmes, ce 23 février 1917, allaient constituer le début d’une vague qui, en quelques jours, couvrirait tout le pays.