Pourquoi le maire socialiste d’Évry, dans l'Essonne, a-t-il fait évacuer de force un campement sans attendre une décision de justice qui était prévue le lendemain ? Malgré leur expulsion par les forces de l’ordre lundi 27 août à l’aube, les Roms, qui s’étaient installés le long de la voie du RER D, espéraient qu’un tribunal se prononce sur leur cas. En prenant un arrêté municipal d’expulsion, autrement dit une mesure administrative, le maire de la ville, Francis Chouat, successeur de Manuel Valls, les a de facto privés de jugement. Selon nos informations, il l’a fait en connaissance de cause, puisqu’il était au courant que des poursuites étaient engagées en parallèle par le propriétaire du terrain, l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP).
Autrefois installés dans les locaux vides d’une gendarmerie à Viry-Châtillon, une première fois expulsés, la centaine de Roms concernés avaient investi ce terrain à Évry au printemps après avoir été logés quelques semaines dans des hôtels. Les policiers faisaient des rondes régulières, signe que leur présence n’était pas méconnue des pouvoirs publics.




















L’opportunisme du Ministre est manifeste dans son argumentation, puisqu’il présente la limitation d’un droit légal comme si elle était l’extension d’un autre droit plus important et plus réel. Il compare le droit à l’avortement avec le droit à la maternité, de telle sorte que les deux semblent s’opposer. Comme dans tout sophisme, l’argument de Gallardón mêle des éléments de vérité à un mensonge qui les déforme. Il est parfaitement exact que le droit à la maternité et à la paternité de nombreux citoyens espagnols est aujourd’hui très limité par l’imposition aux nouvelles générations de la précarité économique massive, le chômage, les bas salaires et l’impossibilité réelle d’accès à un logement abordable. Ces éléments ont fait descendre le taux de fécondité de la population espagnole au niveau des plus bas en Europe. Les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement auquel appartient M. Gallardón ne semblent pas en mesure de corriger la situation créée depuis des nombreuses années par les gouvernements du PSOE et du PP. Il ne semble pas non plus qu’on aille vers l’introduction en Espagne des prestations de maternité ou des allocations familiales qui existent dans les pays européens développés, et encore moins que le gouvernement actuel ait la moindre intention d’établir un revenu de base capable de donner aux parents potentiels la stabilité économique nécessaire pour avoir des enfants.









