mardi 15 octobre 2013

Ils mourront aussi noyés dans les larmes de crocodiles



Malte, Lampedusa, je ne veux pas voir ces photos-là... Un texte de Nathalie M’Dela-Mounier, écrivain breton, antillais, africain, extrait de Rivage atlantique.



Il y a eu, il reste encore, l’océan cannibale et ses îles volcaniques, mirages des vivants. 

Je suis devant ; debout sur une rive à deviner ceux qui n’arrivent plus. La route atlantique hérissée de barbelés virtuels s’est faite cul-de-sac mais les hommes n’ont pas renoncé à partir ; ils ont juste changé de mer à traverser, modifié l’itinéraire de leur improbable voyage, échangé un enfer contre un autre. 

Malte, Lampedusa, je ne veux pas voir ces photos-là. Pas d’images, pas de sons. Ni voir ni entendre ; je sais déjà et j’en fais quoi ? Pas ces cadavres anonymes dans les linceuls blancs improvisés, pas ces morts emballés dans des housses mortuaires noires, prêts pour l’autopsie d’un chaos, pas ces rescapés malvenus grelottant dans les couvertures de survie dont l’or métallique, cannibalisé par les projecteurs, rappelle que le soleil ne brille pas pour tout le monde. 

A la seule lecture des articles qui tombent en chute libre, cette lointaine horreur s’est faite mienne. L’impression qu’au lieu d’alerter, de dénoncer, de mettre en garde, de réveiller les consciences assoupies, de documenter le tumulte depuis tant d’années, j’ai participé du désastre. 

Mes enfants de papier qui devaient être d’immortels veilleurs tourmentés, des appels à mieux vivre, ont rallié le bord de ce monde ; page après plage, ils regardent à travers le prisme du réel leurs frères de chair se noyer avec eux sans jamais remonter à la surface. Décidément, écrire ne suffit pas ! Juste un nécessaire, rempart sans cesse reconstruit, dressé contre l’indifférence, l’oubli et le mépris. 

dimanche 29 septembre 2013

Romitude




Un racisme ordinaire s’est infiltré dans notre société. Une des jeunes femmes à mes côtés me dit sur un ton las et résigné : « On a l’habitude. On nous traite souvent comme ça dans la rue. »
Sur un banc d’une rue du quatorzième arrondissement parisien, le matin, à l’heure de l’école vers laquelle de jeunes enfants accompagnés de leurs parents se dirigent. À mes côtés, deux couples et six enfants. Nous sommes l’objet de regards insistants, de haussements d’épaules. Les enfants qui viennent vers nous sont priés d’accélérer le pas. Un homme d’une quarantaine d’années s’arrête devant nous. Il s’adresse à moi : « Tant qu’il y aura des gens comme vous, Madame, on n’est pas prêts de s’en débarrasser. »
Je réagis avec fermeté en signifiant à ce passant que nous occupons l’espace public au même titre que lui. Il s’éloigne en maugréant. Ce « racisme ordinaire », relayé par une politique sécuritaire et discriminatoire et par certains médias, s’est infiltré dans la société civile.

Ce sont les Rroms coupables de tout !


Coup de gueule de Jeanne Gamonet, présidente du Centre AVER contre le racisme:



Ils ont bien raison


Mais bien sûr!
Ce sont les Rroms qui ont jeté les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki
Ce sont les Rroms qui ont colonisé de nombreux peuples innocents, assassiné des foules d'Amérindiens, parmi tant d'autres
Ce sont les Rroms qui vandalisent l'agriculture et l'élevage avec des produits toxiques pour gagner des millions
Ce sont les Rroms qui délocalisent les entreprises pour flanquer des travailleurs au chômage
Ce sont les Rroms qui ont prétendu qu'il y avait des armes de destruction massive en Irak
Ce sont les Rroms qui planquent leurs fortunes indécentes dans des paradis fiscaux
Pendant que les banques se goinfrent et multiplient la misère


On a bien raison de broyer leurs malheureuses caravanes avec d'énormes bulldozers
De les flanquer hors des terrains et des squats où ils ne gênent personne avec des matraques et du gaz lacrymogène à bout portant
D'écouter les riverains se plaindre d'insalubrité alors qu'on ne leur installe ni WC ni eau ni électricité
De les rendre toujours coupables, discriminés, d'empêcher leurs gosses d'aller à l'école
De ne rien faire contre les maires qui regrettent qu'on ne les ait pas exterminés


Insultés, discriminés, battus, jetés, assassinés,
Voilà le destin de ces "sous-hommes"

Ces 15.000 Roms qui font trembler la France


La République française est devenue bien fragile : 15.000 Rroms bulgares et roumains suffisent à la faire trembler… Depuis quelques jours, la paranoïa de l’antitsiganisme s’étale à nouveau à la « une » des médias. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et les ténors de l’UMP rivalisent dans cette course au mensonge, au populisme et à la démagogie. Le dernier éditorial du Courrier des Balkans.
Par Jean-Arnault Dérens


Tous les médias « sérieux » l’annoncent avec assurance : la « question des Rroms » va « parasiter », voire « dominer » la campagne en vue des élections municipales du printemps. Un nouveau « bras de fer » s’annonce d’ailleurs sur le sujet entre Paris et Bruxelles... Chaque éditorialiste, chaque commentateur y va de son point de vue, comme s’il n’existait pas, en France, de question plus urgente, plus brûlante que le sort de quelque 15 à 20.000 personnes.
Le nombre de Rroms de Bulgarie et de Roumanie qui vivent dans des bidonvilles et des campements insalubres reste d’ailleurs étonnamment stable malgré la poursuite des politiques de démantèlement des camps et d’expulsions systématiques. Cette petite communauté alimente l’antitsiganisme contemporain, alors qu’elle ne représente qu’une infime partie des Rroms, Tsiganes et voyageurs vivant en France, qu’ils y soient établis depuis des siècles ou qu’ils s’y soient installés au cours des dernières années.
Au vrai, chacun le sait bien, cette question des Rroms de Bulgarie et de Roumanie relève exclusivement d’un problème humanitaire fort simple à résoudre. Comment la France serait-elle incapable de loger 20.000 personnes dans le besoin ? De scolariser leurs enfants ? De garantir leurs droits à la santé ou à la formation ?
Le caractère dérisoire du nombre de personnes concernées suffit à rappeler que la question est sortie de toute logique rationnelle. En vérité, il n’existe aucun problème rrom en France, mais certains politiciens, de gauche comme de droite, ont cru pertinent de créer et d’alimenter un fantasme, d’entretenir un délire paranoïaque, qui se répand dans une société fragilisée par bien d’autres problèmes.

dimanche 21 juillet 2013

Les Français ne sont pas une race "pure"? Tant mieux pour eux.




Faisant une pause dans la chronique des excès d'inhumanité de la dite "politique apaisée de l'immigration", reprenons courage avec la vision généreuse d'un monde de savoureux échanges d'emprunts et de dettes que nous proposent François Rabelais et Lucien Febvre.

Qui dit migration dit adaptation réciproque permanente dans une production commune de la société à venir. Dans un livre écrit en 1950, mis sous le boisseau puis retrouvé bien des années plus tard, et finalement publié en 2012 sous le titre "Nous sommes des sang-mêlés", qu'un voisin médiapartien nous a fait découvrir. Lucien Febvre, l'historien novateur du siècle passé, et François Crouzet nous lancent: "Les Français ne sont pas une race "pure"? Tant mieux pour eux".

Aujourd'hui, on parle moins de race pure qu'au sortir des désastres du nazisme, mais plutôt d'identité nationale, de Français "de souche". Les auteurs s'adressent "A un petit Français": "Tu sais ce qu'on appelle les terrains d'alluvions. Ce sont les terrains qui constituent les dépôts terreux qu'abandonne une rivière sur ses bord et qui ne cessent de grossir avec le temps. La population française est ainsi le fruit d'un grossissement alluvionnaire poursuivi pendant des millénaires. Et ne crois pas que le mouvement se soit ralenti dans les derniers siècles. De fortes colonies étrangères n'ont cessé de s'établir sur le sol de la France".


dimanche 9 juin 2013

Sécuriser les parcours des ressortissants étrangers en France



Sécuriser, c'est tenter de rassurer. Rassurer qui? Les étrangers menacés par la dureté de la loi réglant leur séjour? La société française menacée par les étrangers? Premier volet des réformettes de 2013, un meilleur accueil dans les préfectures et l'harmonisation de leur interprétation de la loi.
Selon les services du premier ministre, «le gouvernement a souhaité aborder la question de l'immigration avec un esprit d'apaisement et de responsabilité», évoquant «une volonté du gouvernement de réorienter la politique d'immigration de notre pays en privilégiant la concertation et l'analyse plutôt que les réformes incessantes et finalement inefficaces». Dans le même esprit, le ministre de l'Intérieur a déclaré, en conclusion du débat sans vote au Sénat sur l'immigration professionnelle et étudiante, le 24 avril 2013, préparant une retouche de la loi: «Ce projet de loi ne doit pas être l’occasion d’un grand déballage sur toutes les problématiques d’immigration – parfois, nous aimons bien les « cathédrales législatives » –, qui risquerait de susciter des passions inutiles dans le contexte actuel.»
Ces déclarations, ces éléments de langage, illustrent bien la tartufferie du pouvoir. Regardons ce qu'il en est en réalité.
- Les "réformes incessantes et finalement inefficaces", ce sont les modifications législatives au cours de années 2002-2012, qui ont conduit à une loi gravement inhospitalière et brutale, que le nouveau pouvoir se refuse à remettre en cause en profondeur.
- "Réorienter la politique d'immigration", c'est deux ou trois retouches techniques de cette loi (dont une partie imposée de l'extérieur, par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, le Conseil d'Etat, ou encore par des décisions de l'Union Européenne), et une pléthore de circulaires, qui classent les gens par profil (étudiants, familles, certains travailleurs,...) pour leur faire miroiter une petite porte d'entrée. Or, qui dit circulaire dit impossibilité de recours devant la justice qui, elle, ne connait que la loi.
- Qui est apaisé, dans l'histoire? Peut-être l'opinion ainsi manipulée, mais certainement pas la majorité de nos voisins, ces étrangers toujours sous la menace.

vendredi 3 mai 2013

Migrant, aide toi-même ton pauvre pays: les pays riches sont fauchés




Au lieu de mal payer et mal loger des travailleurs venus de pays pauvres et mal équipés, ne vaudrait-il pas mieux aider au développement de leurs pays, ce qui permettrait, en plus, de ne plus les avoir sous les yeux? Mauvaise idée: les transferts individuels de fonds surpassent très largement les aides publiques au développement.
Mieux encore: avec "la crise", l'aide des pays riches aux pays pauvres diminue, tandis que les transferts de fonds des migrants vers leurs pays respectifs augmentent!
L'OCDE publie chaque année les montants de l'aide publique au développement. Pour 2012, le niveau global des aides a atteint environ 100 milliards d'euros, en baisse de 4% par rapport à 2011 (-1,6% pour la France, avec un peu moins de 10 milliards d'euros), cumulant une baisse globale de 6% depuis 2010, année où l'aide publique au développement a atteint son maximum. La France, avec le Royaume Uni, l'Allemagne et le Japon, reste parmi les quatre plus gros contributeurs, loin derrière les Etats-Unis. Sa place en termes de pourcentage de revenu national brut (0,45%) ne la place qu'en onzième position. Selon l'OCDE, "On observe en outre un redéploiement notable de l'aide des pays les plus pauvres vers les pays à revenu intermédiaire".

samedi 27 avril 2013

On a bien dit "mariage pour tous"?




La "politique de l'immigration" de la France est accrochée au chiffre 30000. Chaque année, 30000 expulsions, 30000 régularisations, et 30000 mariages mixtes envers et contre tout. Trois formes de la souffrance infligée à nos voisins de palier. Si la régularisation répond à des années de galère organisée par une loi très restrictive, le mariage avec un-e étranger-e peut être pour le-la conjoint-e français-e le début d'un cauchemar administratif.
"Mariage mixte"? Wikipedia, reflet de son époque, y perd son latin: mariage transnational, interethnique, interreligieux? Avec le mariage pour tous, on nous annonce même des mariages pas mixtes, au sens intergenre. Pour le mot tout nu, mot sans qualificatif, il reste le mariage à l'ancienne, entre une femme et un homme, sous-entendu français. Si vous ajoutez "mixte", alors l'un des deux est étranger, l'autre français. Et la loi sur le séjour des étrangers s'ingénie à compliquer la vie de tels couples, allant même jusqu'à la pourrir dans certains cas.

vendredi 15 mars 2013

... et plus c'est la même chose




Immigration choisie et politique du chiffre, ça, c'était hier. Aujourd'hui, on organise "un maximum d'éloignements, mais dans un cadre transparent", dans une "approche qualitative". Pour l'étranger qu'une loi très restrictive transforme vite en sans-papier, où est la différence?
Le refermement progressif de la mâchoire à broyer la vie des étrangers remonte déjà à un demi-siècle. De la Libération jusqu'au milieu des années 1960, la migration de travailleurs étrangers, surtout algériens et marocains, a été encouragée pour les besoins de la reconstruction et du développement de la France. Les services de l'Etat concernés par leur accompagnement étaient largement les mêmes que pour les autochtones: ministères du Travail, des Affaires Sociales, du Logement, de l'Education Nationale, de la Santé, de l'Economie et des Finances, de la Justice, de l'Intérieur, auxquels s'ajoutait le ministère des Affaires Etrangères. Aujourd'hui, de regroupements en réattributions, le ministère de l'Intérieur est pratiquement seul à la manoeuvre. Il en résulte que les migrants se retrouvent amalgamés malgré leur extrême diversité, et ciblés comme une population qui devient dangereuse par sa présence même. Comme l'a déclaré le ministre de l'Intérieur, "Qui, sinon les policiers et les gendarmes, pourrait assurer la régulation des flux migratoires ?"

samedi 9 mars 2013

Il n’y a plus de socialistes à l’adresse indiquée…


Il faut être juste, la fine équipe de Solférino ne nous avait pas promis l’avènement du paradis socialiste. Cela fait bien longtemps, il est vrai, qu’une telle éventualité s’est trouvée remisée au magasin des antiquités utopistes, et déjà considérée comme telle par les braves militants du courant dit des « possibilistes », au tournant du XXe siècle.


De Jean Jaurès à Harlem Désir (que ce dernier veuille bien m’excuser du raccourci historique), en passant par Jules Guesde (partisan de l’Union sacrée en 1914), Léon Blum (champion de la non-intervention en Espagne, en 1936), ou Guy Mollet (qui conduira la guerre en Algérie, alors qu’il avait mené campagne pour la paix en 1955), les promesses non tenues et les trahisons ont constamment émaillé un parti socialiste qui, sous ses diverses appellations, devait finalement opter pour la social-démocratie. N’oublions pas que Léon Blum, qui levait le poing en chantant l’Internationale, en mai 1936, nous délivrait déjà un véritable secret de polichinelle une fois devenu président du Conseil, en juin de la même année : « Nous serons des gérants fidèles du capitalisme », après avoir décrété « la pause », alors que le patronat en colique était prêt à de nombreuses concessions.

Les tristes exploits de la « Vieille maison ».

Attention ! Surtout ne pas confondre socialisme et social-démocratie. Dans le premier cas, il était envisagé de débarrasser la société de l’emprise du capitalisme. Dans la seconde approche, selon l’enseignement d’Édouard Bernstein, il était surtout prévu une méthode plus douce : la transformation graduelle et sans heurt de la société capitaliste en société socialiste. En fait, trouver un compromis raisonnable avec ceux qu’on était censé combattre la veille. Entre les deux ambitions c’était, bien évidemment, le jour et la nuit. Les socialistes de la fin du XIXe siècle, dont nombre étaient des rescapés de la Commune de Paris, n’avaient que peu d’ambitions en commun avec ceux qui se posaient déjà la question de participer au pouvoir de la bourgeoisie dans une société qui ferait table rase des luttes sociales. Le premier à franchir le pas, en 1899, Alexandre Millerand, fera partie de plusieurs cabinets ministériels, avant et pendant la Première Guerre mondiale. Président du Conseil en 1920, il avait été l’initiateur du « Bloc national », avant d’être élu président de la République. Millerand avait ouvert la voie de la trahison visible à Jules Guesde comme à Marcel Sembat, tous devenus ardents nationalistes.


jeudi 7 mars 2013

Tristes tropismes




Chokri Belaid, Stéphane Hessel, Hugo Chavez, la camarde à une nette tendance à nous cracher à la gueule ces temps-ci, tandis que les pires crapules bouffies de haine sablent le champagne en bons charognards qu’ils ne cessent jamais d’être.
Il ne fait certes, jamais bon mettre son humanité en travers de l’autoroute de la barbarie dominante, mais il est des jours plus accablants que d’autres où le découragement frappe salement à la porte.
Si nous nous passons fort bien du culte de la personnalité, bon dieu pourtant, combien avons-nous besoin de héros qui nous vengent !
Et nous avons beau nous répéter en boucle, de défaite en défaite jusqu’à la victoire, de batailles perdues en batailles perdues jusqu’à gagner la guerre, si même la mort roule pour le grand capital alors…

samedi 2 mars 2013

Etrangers indésirables, soyez donc constructifs !




En vrac, quelques-unes des persécutions ordinaires, vexations et solides menaces envers les étrangers en cette fin février 2013. Vivement le printemps?...
Les titres de séjour conquis à force de patience et d'obstination par les étrangers restés longtemps sans papiers sont valables pour une durée d'un an, mais il n'est pas rare que les complications administratives leur donnent une durée effective beaucoup plus courte, comme dans l'histoire qui suit.
"27 février 2013. Enfin! M. a un titre de séjour! Non sans mal. Arrivées à 11h sur convocation de la préfecture, nous avons pu accéder à l'accueil vers 12h30, et nous avons été appelées à... 16h30 au guichet. Aucun document ne lui a été demandé. Et la décision de lui accorder un titre de séjour avait été prise dès le lendemain de notre passage à la préfecture début décembre 2012. Nous avions alors demandé un titre de séjour dans le cadre de la Circulaire et il nous avait été dit que rien ne pouvait être décidé... Nous avons appris aujourd'hui que la validité du titre de séjour démarre du jour de notre "visite" de décembre à la préfecture, i.e. le 6 décembre 2012, mais elle ne l'aura en mains qu'après la visite médicale à l' OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégrtion), où elle est convoquée fin mai. Il sera grand temps au moment du retrait du titre de prendre un rendez-vous pour le renouvellement..."

samedi 16 février 2013

Le travail des immigrés, juste un fait humain




L'immigration n'a pas d'influence sur la richesse du pays, elle ne coûte ni ne rapporte aux finances publiques, elle n'a pas de rôle dans l'évolution du chômage. Alors qu'elle s'impose comme un fait culturel et humain, prétendre la gérer en fonction d'objectifs économiques est illusoire.

On parle ici d'immigrés au sens de l'INSEE: les personnes vivant en France, nées étrangères à l'étranger. Au recensement de 2008, on en comptait 5,2 millions, soit 8% de la population totale. Cette proportion était de 3% autour de 1900, elle est restée stable depuis 1975, époque à laquelle le gouvernement a commencé à lutter contre l'immigration, après l'avoir encouragée pour reconstruire la France après la seconde guerre mondiale. Parmi eux, 1,6 millions sont devenus Français - donc électeurs s'ils le souhaitent et s'ils sont majeurs.

mercredi 6 février 2013

Sangatte, sans bottes et sans manteau




Il faut continuer à parler des migrants qui bivouaquent ou squattent comme ils peuvent aux alentours de Calais. Ils sont toujours là, guettant les départs de camions vers l'Angleterre - malgré tous les contrôles déployés certains arrivent encore à passer. L'aide à la survie - manger, s'abriter, communiquer - que leur apportent volontaires et organisations est toujours aussi difficile.

Les arrivants sont de plus en plus jeunes. Et puis, il y a ceux qui abandonnent l'idée de la traversée et demandent l'asile à la France, auxquels la protection due aux demandeurs d'asile fait défaut. Ils sont originaires de pays en guerre, tels que l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Irak, le Soudan et l'Iran.

Les abris se font rares: les locaux un peu spacieux susceptibles d'être squattés sont condamnés les uns après les autres.

Il y a deux distributions de nourriture par jour, un vestiaire une semaine sur deux. Les lieux autorisés pour la distribution de nourriture sont situés de sorte à rendre invisibles ces visiteurs indésirables.

Les bénévoles ne sont plus très jeunes, et il y a peu de relève. Mais les différentes organisation impliquées se réorganisent pour maintenir un accès aux services de base - dont internet, essentiel pour maintenir des liens.

10 bonnes raisons pour une nouvelle Révolution française





Les causes de la Révolution de 1789 sont à nouveau réunies: injustices criantes et accaparement du pouvoir par une caste de privilégiés. Voici donc 10 bonnes raisons de faire à nouveau la Révolution…


1 -  La hausse des prix de 100% – La misère en travaillant

Depuis le passage à l’Euro, les prix des produits de base ont doublé, au bénéfice des entreprises de la grande distribution. Mais officiellement, l’inflation pendant cette période n’a été que de 2% par an.

Alors que les prix augmentent, les salaires n’ont pas augmenté depuis 20 ans, et les salariés ne bénéficient jamais de la « croissance » ni des fantastiques profits réalisées par les entreprises.

Aujourd’hui, le salaire d’une majorité de salariés est à peine suffisant pour assurer la survie quotidienne. Autrefois, les seuls pauvres étaient des chômeurs. Avec le « nouvel ordre économique », il est devenu normal d’être pauvre en travaillant.

Nette augmentation de la pauvreté en France, selon Eurostat






Entre 2008 et 2011, le nombre de pauvres a augmenté en France entre 400 000 et un million selon les définitions, d’après les données publiées par Eurostat. Les premières victimes de la crise sont les jeunes et les personnes peu qualifiées.

Le taux de pauvreté au seuil de 60 % du niveau de vie médian [1] s’élève à 14 % en 2011, selon les données publiées par l’organisme statistique européen Eurostat. Le taux atteint 7,1 % si l’on considère le seuil de 50 % du niveau de vie médian, et 3,1 % au seuil de 40 %. La crise économique a un impact marqué sur les taux de pauvreté, qui ont augmenté de 12,7 % en 2008 à 14 % en 2011 au seuil de 60 %, de 5,8 à 7,1 % au seuil de 50 % et de 2,5 à 3,1 % au seuil de 40 %. Selon Eurostat, la pauvreté aux seuils de 40 et 50 % aurait diminué en revanche pour la seule année 2011.


dimanche 3 février 2013

Si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé…



Si la France est en faillite, comme nous l’affirmait hier le désopilant François Fillon et nous le dit aujourd’hui l’impayable Michel Sapin avant de se dédire, et comme naturellement finit par s’en convaincre 63% des français à force de se l’entendre marteler dans cette fabrication du consentement autrement nommé propagande, alors, est ce bien raisonnable de balancer 50 millions d’euros en trois semaines, soit plus de deux millions par jour, dans une guerre qui pourrait bien s’ensabler du côté du Mali ?
Pour paraphraser le tout convalescent Chavez, qui déclarait que si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé, on pourrait rajouter que si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé.
Il se trouve qu’il en va de notre armée comme du reste de la société. Un bataillon de généraux et d’officiers grassement payés, représentant plus du double des soldats dont dispose le ministère, tandis que le prolétariat de la gâchette attend sa solde avec un an de retard dans certains cas.