jeudi 10 novembre 2011

Chômage : Après moi le déluge !


Pour "rassurer les marchés" et garder notre "triple A", le gouvernement entérine l'austérité, quitte à aggraver le chômage.


On le sait, le plan de rigueur présenté lundi par François Fillon, le deuxième en moins de trois mois — alors que le premier est encore en discussion ! — et le dernier avant le prochain, ne fera pas porter "l’essentiel" de l'effort sur "les plus aisés", comme le prétend notre premier Sinistre. Augmentations d'impôts (gel des barèmes de l'IR, TVA à 7%, taxes sur les sodas, hausse du prix du tabac…), taxation des mutuelles et baisse des indemnisations maladie, gel des prestations familiales...Sur un total de 18 milliards d'euros d'économies nouvelles prévues en 2012, plus de 10 milliards seront supportés par les ménages, des classes moyennes aux plus modestes. Au risque de peser sur la demande intérieure et la consommation, principaux moteurs de la croissance française. Au risque de ralentir davantage l'activité et, par ricochet, accentuer les destructions d'emplois et les faillites.

Dans ce contexte, il ne faudra surtout pas compter sur des augmentations de salaire, le "travailler moins" ou pas du tout, sinon le "travailler plus pour gagner moins" ayant pris le relais du fameux slogan présidentiel de 2007. (D'ailleurs, la "prime dividende" de Nicolas Sarkozy, calculée aux petits oignons pour que le patronat la détourne est, à l'image de tout ce qu'il a entrepris, un fiasco.) Avec pour corollaire l'inexorable assèchement des recettes de notre protection sociale, "puissant amortisseur" qui avait jusqu'à présent permis à la France de "mieux résister que les autres pays de la zone euro" face à la crise, dixit François Fillon en mai 2009...

Ainsi, l'Unedic — qui est déjà mal en point avec un déficit cumulé qui devrait atteindre 13 milliards fin 2012 — devra de surcroît assumer l'indemnisation de seniors plus que jamais rejetés par les entreprises et condamnés à pointer plus longtemps à Pôle Emploi. La réforme des retraites et son accélération subite vont soulager les finances de la CNAV, mais pas celle de l'Unedic : par un système de vases communicants, c'est l'assurance chômage qui la prendra en charge.Résultat, la prochaine convention, qui doit être renégociée fin 2013, ne manquera pas de répercuter ces nouveaux paramètres en réduisant drastiquement les droits des chômeurs.

Un aveuglement général !

Cette "logique d'austérité est suicidaire", a dénoncé à juste titre le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. "Ces plans d'austérité, qui se multiplient partout en Europe, vont avoir pour effet de nous amener à une récession généralisée", a averti de son côté Luc Bérille, le secrétaire général de l'UNSA.

Pour l'économiste Xavier Timbeau, directeur du département analyse de l'OFCE, la France et l'Europe (que l'on peut qualifier de IVe Reich puisqu'elle est menée à la baguette par l'Allemagne) sont dans une spirale négative qui pourrait conduire à une récession pire que celle connue après la crise de 1929 : "Tous les pays d'Europe révisent à la baisse leurs perspectives de croissance, ce qui implique de nouveaux ajustements budgétaires, qui eux-mêmes pèsent encore plus sur l'activité, donc sur la croissance". Nous prenons donc le chemin de la Grèce, mais aussi de l'Espagne, du Portugal et de l'Italie, sans oublier le Royaume-Uni et l'Irlande qui sont déjà englués dans le cercle vicieux de l'austérité-récession, avec pour conséquence des taux de chômage catastrophiques, et des niveaux de pauvreté et d'exclusion croissants.

Aveugles et sourds, nos dirigeants font tout à l'envers. Vendus aux banques, à la finance et aux agences de notation, en condamnant l'Europe à l'austérité, ils condamnent ses peuples à la misère.

Comme dans les années 30, une grande dépression est plus que jamais un scénario possible pour les économies européennes, avec les implications dramatiques que l'on peut imaginer. Sur l'air fameux de TINA, "There is no Alternative"popularisé par Margaret Thatcher, les Fillon, Merkozy, Cameron, Draghi, Lagarde et consorts nous conduisent à notre perte. Tous ces gens sont irresponsables ! Ils doivent être mis hors d'état de nuire, et condamnés pour haute trahison et crime économique.

SH

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